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29 septembre 2017 5 29 /09 /septembre /2017 21:34

Grâce au brevet sur le vaccin antipneumococcique, Pfizer gagne sur de nombreux plans

Dr Jacob Puliyel, 25.08.2017

Pfizer a non seulement reçu une subvention pour «développer» un médicament qui existait déjà, mais les bénéfices que la firme tirera d’un vaccin inefficace dépassent de loin ce qui avait été conclu à l’origine.

Logo de la compagnie visible derrière les branches au siège de Pfizer à Dublin, en Irlande, 24 nov. 2015. Credit: Reuters/Cathal McNaughton

Logo de la compagnie visible derrière les branches au siège de Pfizer à Dublin, en Irlande, 24 nov. 2015. Credit: Reuters/Cathal McNaughton

New Delhi : Pfizer a obtenu un brevet indien pour son Prevenar 13 – un vaccin antipneumococcique. Ce vaccin coûte plus de 3.000 Rs la dose. Et les 3 doses qui sont requises pour vacciner un enfant coûtent finalement plus de 10.000 Rs. L’office des brevets interdit en outre aux autres entreprises indiennes de fabriquer une version moins chère du vaccin. Bien que le vaccin soit d’un prix exorbitant, son efficacité est faible. Pourtant, il semble que personne n’ait été surpris par l’annonce du brevet, compte tenu de toute l’histopire de ce vaccin à l’échelle nationale et internationale.

Selon la requête présentée par M. Prashant Bhushan de la Haute Cour de Delhi, ce vaccin présenterait la particularité d’avoir été recommandé avant qu’il ne soit fabriqué, et encore moins testé par le Groupe National Consultatif Technique sur la Vaccination dont la mission est d’évaluer et de recommander des vaccins pour leur introduction dans le pays.

Un vaccin peu efficace

Les bactéries pneumococciques ne sont qu’un des très nombreux organismes susceptibles de provoquer une pneumonie. De nombreuses autres bactéries, mycoplasmes, et virus peuvent également provoquer des pneumonies. La seule bactérie pneumococcique comporte environ 100 souches. Le vaccin est dirigé contre seulement 13 de ces souches. Il est clair que ce vaccin ne touche qu’une petite fraction de ce que représentent les causes de la maladie. La pneumonie bactérienne est très facilement traitable ; elle répond très bien aux antibiotiques avec peu de séquelles à long terme.

Avant que ce vaccin contre 13 souches n’ait été mis sur le marché, la plupart des pneumopathies pneumococciques ont été causées par sept souches de la bactérie qui réagissaient très bien à une antibiothérapie peu coûteuse comme la pénicilline. Un vaccin contre sept souches a été introduit aux Etats-Unis en l’année 2000. Il en a résulté que la plupart de ces sept souches ont été éliminées, mais d’autres souches ont remplacé celles qui ont été éliminées. Ces nouvelles souches ont causé davantage de problèmes : accumulation de pus dans la poitrine et résistance à la pénicilline de première ligne. En bref, l’utilisation de ce vaccin ne faisait qu’aggraver le problème. On a ensuite développé un vaccin contre dix souches. Quand on s’est aperçu que ce vaccin provoquait de nouveaux glissements de souches, le vaccin contre 13 souches a été adopté. D’autres pays ont clairement eu l’occasion de tirer les leçons de ces erreurs et de choisir l’option de ne pas introduire de vaccin qui aggravait la situation. Mais l’influence des fabricants de vaccins, comme de leurs promoteurs internationaux (l’OMS et le GAVI) est telle que le vaccin a été recommandé dans les pays les plus pauvres qui ne peuvent se permettre de faire pareilles erreurs aussi coûteuses.

Ce vaccin présente une efficacité très faible. Selon un bulletin de l’OMS, le vaccin réduit l’incidence de la pneumonie de 3,6 cas pour 1000 enfants vaccinés. La prévention de ces quatre cas (une approximation généreuse) de pneumonie par la vaccination de 1000 bébés avec un vaccin qui revient à 10.000 Rs par enfant  coûtera la somme ahurissante d’un million de roupies, alors que le traitement de ces quatre cas de pneumonie avec le sirop Septran conseillé par l’OMS ne coûterait que 40 roupies. Même si le vaccin est acheté au dixième du prix du marché, il coûtera encore 100.000 roupies pour réduire quatre cas d’infection thoracique.

Effets indésirables

Outre une efficacité insuffisante, le vaccin présente aussi d’autres problèmes. Une étude publiée dans le prestigieux New England of Medicine montre que cette vaccination a contribué à presque doubler l’incidence de l’asthme. Pour deux cas de pneumonies qui ont été empêchées, un enfant développera de l’asthme. La pneumonie est une maladie transitoire ponctuelle. L’asthme d’autre part a des implications à long terme. Il convient ici de se poser des questions sur ce type de compromis.

Malgré toutes ces preuves, ce vaccin a été introduit en Inde pour être administré à tous les enfants.

La nécessité d’introduire ce vaccin d’un prix exorbitant qui peut-être aggrave au lieu d’atténuer la morbidité respiratoire, comme le fait de lui accorder un brevet en Inde; tous ces éléments ont fait s’interroger des organisations comme Médecins Sans Frontières sur l’influence qu’exercent les fabricants de vaccins. Nous avons eu les preuves de cette influence il y a dix ans quand la compagnie a détourné le marché alloué par le GAVI. Le professeur Donald W. Light de l’Université de Stanford a décrit la chose en détail.

Une femme marche le long d'une pharmacie à Mumbaï, en Inde, le 28 avril 2017. Credit: Reuters/Files

Une femme marche le long d'une pharmacie à Mumbaï, en Inde, le 28 avril 2017. Credit: Reuters/Files

Mécanisme de financement détourné

En général, les compagnies pharmaceutiques aiment fabriquer des médicaments pour les pays riches ; ce qui leur permet de faire de grands profits. Elles ont peu d’intérêt à fabriquer des vaccins contre les maladies comme le paludisme qui touche les pays pauvres parce que ces pays ne peuvent leur assurer leurs marges bénéficiaires.

En 2005, le Centre pour le Développement Mondial, ainsi que la Fondation Bill et Melinda Gates ont eu l’idée d’encourager les fabricants de médicaments à fabriquer des vaccins contre des maladies comme le paludisme. Les donateurs ont créé une société de gestion des actifs (= un mécanisme de financement) pour compenser les pertes de revenus des entreprises qui produisaient des médicaments pour les maladies négligées. Médecins Sans Frontières estime que les bénéfices pour un médicament qui marche s’élèvent à approximativement 400 millions de dollars. La société a convenu d’acheter jusqu’à quelques centaines de millions de doses du nouveau vaccin à un prix d’achat qui permettrait au fabricant de faire les bénéfices qu’il ferait si le vaccin était fabriqué pour les pays riches. A son tour, le fabricant s’engageait à produire le médicament pour les pays à faible revenu (1-2 dollars) sans faire de profit. Les bailleurs de fonds ne payeraient pas jusqu’à ce que le fabricant ait trouvé le vaccin innovant. La compagnie qui se présenterait la première récolterait tous les bénéfices.

Après que les fonds furent recueillis auprès de donateurs internationaux pour la mise en place de ce mécanisme de financement, l’argent a, inexplicablement, été accordé à Pfizer  pour le Prevenar 13, vaccin que la société avait déjà développé pour remplacer le vaccin anti-pneumocoque sérotype à succès pour le marché des riches. De plus, le prix de rachat a été porté de 5-6 dollars à 10 dollars et le prix sans but lucratif a été porté de 1-2 dollars à 3,50 dollars. En fait, aucun nouveau vaccin pour une maladie négligée n’avait été développé. La société a réalisé des bénéfices supérieurs à 600 millions de dollars, là où les bénéfices normaux s’élevaient, selon les calculs de MSF à 400 millions de dollars. Au niveau international, ce mécanisme de financement tel qu'utilisé a anéanti tout intérêt que d’autres fabricants auraient pu avoir pour réaliser un vaccin moins cher. Ces autres fabricants n’auraient pas pu concurrencer l’énorme subvention accordée à Pfizer.

La dernière goutte

Il n’est pas permis à l’Inde d’avoir accès au financement GAVI car son PIB par habitant dépasse 1.500 dollars par an. L’Inde doit donc payer le prix négocié complet pour le vaccin. Les fabricants indiens ont donc eu intérêt à fabriquer un vaccin moins cher pour des pays comme l’Inde et le marché local. L’octroi actuel du brevet à Pfizer pour le Prevenar 13 tue tout incitation, tout encouragement jusqu’en 2026.

Il est clair que si le brevet n’était pas là, le développement d’un vaccin moins cher aurait été possible et une incidence sur les prix aurait aussi été possible. Mais cela n’aurait rien changé à l’efficacité médiocre du vaccin, ni au problème de l’asthme causé par le vaccin.

Le Dr Jacob Puliyel est membre expert du National Technical Advisory Group on Immunization, organisme qui conseille le gouvernement par rapport à la politique vaccinale. Le Dr Puliyel dirige le service de pédiatrie au St. Stephens Hospital, à New Delhi.

Sources: The Wire & site du Dr Jacob Puliyel

Voir aussi

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