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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 16:15

Le Soir en faisait sa une le 24 mai dernier. Le quotidien s'en réjouissait même en titrant "Un vrai dossier médical global: enfin!"

 

"Hyperperformante, hypersécurisée et hyperpratique"... voilà comment est en effet présentée cette nouvelle plateforme informatique par Yves Jacquemart, directeur informatique du CHU de Liège qui ne présente ainsi que le côte face de cette "innovation". Améliorer la qualité des soins, éviter les examens inutiles, et les bons petits moutons, à qui on agite bien entendu le spectre d'un accident grave lors duquel ils seraient inconscients et incapables de donner eux-mêmes les informations, sont censés applaudir en chœur et se réjouir de ce genre d'évolution.

 

Sauf que, et c'est là la seule information capitale de cet article: " Le patient sera le "gendarme" de son dossier: il pourra en limiter l'accès aux médecins de son choix et a le droit de savoir qui a consulté quel document. Il lui est interdit, par contre, d'accéder lui-même au contenu de son dossier. Une interdiction imposée par le Conseil de l'Ordre des Médecins. "

 

Evidemment, tous les prétextes sont bons pour tenter d'expliquer l'inexplicable et l'inacceptable. C'est ainsi qu'on peut lire les pseudo explications inconsistantes du Dr André Vandenberghe, directeur du projet. Il explique ainsi le refus de l'Ordre des Médecins:

 

"Parce qu'il peut impliquer des tiers comme le conjoint du patient, ou contenir des commentaires subjectifs du médecin, voire des informations qui peuvent nuire à la santé du patient, notamment dans les cas psychiatriques. Et puis, il y a les patientes mineures qui ont recours à la contraception et ne souhaitent pas que leurs parents le sachent."

 

En réalité, l'objectif de l'Ordre des Médecins est avant tout corporatiste: l'accès aux commentaires subjectifs des médecins permettrait en réalité de mieux se rendre compte de l'incompétence époustouflante et préoccupante de certains d'entre eux, avec une menace juridique à la clé. L'Ordre tient donc avant tout à préserver le petit confort de ses membres.

 

Un peu plus loin, dans l'article du Soir, on peut lire que ce projet permettra notamment des améliorations dans le secteur des prescriptions électroniques et celui de la médecine scolaire...

 

Quelles genres d'améliorations? Faciliter par exemple l'échange d'informations pour savoir si tel ou tel élève a bien reçu tous ses cocktails vaccinaux en temps et en heure??

 

Car jugez plutôt, un des mails fraîchement reçu par Initiative Citoyenne et envoyé par une maman belge:

 

« Pour info: Mon enfant de 3,5 ans a passé sa 1ère visite médicale. Résultats: vue 10/10, bon état général, MANQUE VACCINATION RRO ET MENINGITE -> voir avec votre médecin traitant !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Je suis indignée! Il n'y a que la polio qui est obligatoire!!!! »

  

Le bon sens commande d’être prudent avec ce genre de fausse belle révolution : que le patient qui est pourtant LE PREMIER INTERESSE, soit privé d’accès à un dossier dont il est censé déterminer qui peut y avoir accès, montre que ce n’est pas l’intérêt premier du patient qui est ici visé. A chaque fois que le contrôle se ressert, on n’en présente toujours QUE les soi-disant bons côtés aux gens.

 

L’article montre aussi que le patient pourra voir qui a consulté son dossier mais donc le plus souvent APRES COUP, quand il sera trop tard. On voit là la perte de pouvoir continue du patient sur son propre « jardin secret  médical ». Il s’agit d’une dérive extrêmement dangereuse, parce que personne ne peut dire de quoi demain sera fait.

 

Personne ne peut ainsi affirmer que ce grand rêve de Big Brother ne va pas contribuer à assimiler davantage certaines victimes de vaccins qui errent parfois de médecins en médecins pendant des années, à des « malades imaginaires » au prétexte que les examens standards ne révèlent pas un diagnostic suffisamment précis ; ou encore à faire pression sur certains malades que les mutuelles ou l’Assurance Maladie considérerait être (bien malgré eux) « de trop grands consommateurs de soins médicaux ».

 

A ce stade, seul 2% de gens ont accepté ce pseudo progrès. Espérons que ce chiffre ne sera pas sous peu superposable aux tristes chiffres de l’expérience de Milgram, à savoir près de 70% de gens docilement soumis aux bonnes initiatives ou injonctions des autorités !

 

 

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commentaires

Éric G. Delfosse 29/05/2013 19:46

Comment faire pour rester dans les 98% de gens normaux qui ne souhaitent pas voir n'importe qui accéder à n'importe quoi ?
Ou, dit autrement, comment faire pour que le médecin traitant ne fabrique pas automatiquement un dossier informatisé à partir de mes données ? Ou bien est-ce déjà trop tard ?
Ou, encore autrement : comment vérifier qu'un tel dossier existe, ou pas ?
Question subsidiaire : qui connaît un bon "hacker" ?

                    

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