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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 18:49

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Dans un ouvrage fort intéressant que nous a recommandé une de nos sympathisantes, nous avons pu découvrir un passage éclairant sur le fonctionnement concret du lobbying d'entreprises.

 

Ce livre mentionne (en p.184 & 185) l'exemple de la firme Smith Kline Beecham (à présent englobée dans le groupe GSK).

 

SmeethKline Beecham: fabricant de consensus

 

"Les gènes sont la monnaire du futur!"

 

George Poste, Directeur de Recherche chez SmithKline Beecham.

 

 

"Le géant pharmaceutique Smith Kline Beecham s'est montré l'un des plus agressifs défenseurs de la directive sur le brevetage, lançant sa propre campagne de pression, avant même la naissance d'EuropaBio. Selon son lobbyiste Simon Gentry, la compagnie a consacré 20 millions de livres sterling (près de 30 millions d'euros) à cette campagne. La firme a également très efficacement manipulé et instrumentalisé les groupements d'intérêts de malades, se doutant parfaitement qu'une telle cause défendue par de tels représentants influencerait plus sûrement les décideurs que celle de l'industrie. L'aide directe accordée à ces groupes et aux diverses organisations caritatives fit donc partie de la stratégie déployée. Ayant constaté, en outre, l'efficacité des groupes de pression écologiques lors du vote initial du Parlement en 1995, SmithKline Beecham engagea au poste de directeur des affaires politiques européennes l'ancien bras droit du président du Comité parlementaire pour l'Environnement. Ce qui lui ouvrit les portes du Parlement et lui permis d'avoir un aperçu des stratégies du mouvement écologiste.

 

Les groupements d'intérêts de malades.

 

Assurément, ce sont les malades eux-mêmes qui exercent le plus efficacement leur influence en faveur de la directive, faisant basculer les votes de nombreux députés européens au cours de ce qui fut décrit comme "la plus grande campagne de pression de l'histoire de l'Union européenne." Le jour du vote, en juillet 1997, s'adressant aux sentiments des députés, des personnes en chaise roulante manifestèrent à Strasbourg devant le siège du Parlement, clamant le slogan de l'industrie pharmaceutique: " Pas de brevets, pas de remèdes."

 

Sensibles à la prise de position forte et unie des groupements d'intérêts de malades en faveur du brevetage du vivant, les parlementaires votèrent dans ce sens. Une enquête plus approfondie révéla toutefois que ces manifestations ne reflètaient pas l'opinion de la majorité des groupements d'intérêts de malades et que cette minorité non silencieuse était, dans une large mesure, soutenue et financée par des compagnies pharmaceutiques telles que SmithKline Beecham. Les industriels avaient convaincu ces groupements qu'ils recherchaient activement des remèdes à leurs maladies, insistant sur l'importance primordiale d'une législation favorable au développement de médicaments si vitaux pour eux. En dressant un portrait de la situation dans lequel "le brevetage du vivant" apparaissait comme absolument nécessaire à la découverte "de remèdes à toutes les maladies connues", l'industrie joua finalement sur la corde sensible des députés."

 

[Source: Extrait du livre Europe Inc., ouvrage collectif de Belén Balanya, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma' anit & Erik Wesselius, paru aux éditions Agone, en 2005.]

 

 

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Published by Initiative Citoyenne - dans Industrie pharmaceutique
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