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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 22:57

Une augmentation de 65 % des scléroses en plaques (SEP) après le pic de vaccination contre l’hépatite B en 1994

 01/12/2014

fotolia IRMÀ partir de deux sources de données, celles du système national d’Assurance-maladie (CNAM) et du système de pharmacovigilance de l’ANSM (Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé), le Dr Dominique Le Houézec, conseiller médical du réseau REVAHB*, identifie une augmentation de 65 % des cas de scléroses en plaques (SEP) dans les années 1995-1996, soit deux ans après la campagne de vaccination de masse contre l’hépatite B qui a eu lieu en 1994. « Les données chiffrées disponibles en France montrent donc un signal statistique certain en faveur d’un lien de causalité entre l’événement vaccination-HB et l’apparition de SEP, avec une corrélation maximale dans les deux années suivant la vaccination », explique le Dr Le Houézec.

ANSM et CNAM

1994, c’est en effet la date à laquelle les autorités françaises ont débuté une campagne de vaccination de tous les élèves de classes de 6e, puis des nourrissons et adolescents. Une campagne qui est allée au-delà des objectifs attendus encourageant petit à petit la population adulte à se faire vacciner : au total, environ 20 millions de personnes ont été vaccinées (sur la base des 23 millions de boîtes de vaccins vendues). Pour cette analyse rétrospective publiée dans « Frontiers in Autoimmunity » le Dr le Houézec a comparé les chiffres officiels issus de deux bases de données nationales indépendantes.

Selon les données de la Cnam, le nombre de SEP était très stable d’environ 2 500 nouveaux cas chaque année jusqu’en 1993. À compter de 1996, il est apparu une augmentation progressive du nombre de nouvelles SEP enregistrées, jusqu’à 4 500 cas en 2003, un chiffre qui est resté stable depuis. L’incidence annuelle qui était de 5,3/105 assurés sociaux jusqu’en 1993 passe ainsi à 8,7/105 dix années plus tard.

De son côté, l’ANSM a enregistré 1650 affections démyélinisantes centrales dont 1 418 SEP. « Lorsque l’on trace une courbe de distribution du nombre de SEP signalées chaque année à l’ANSM dans les suites d’une injection vaccinale on voit que cette distribution n’est ni linéaire ni régulière, loin de là », explique le Dr Le Houézec. Il existe un énorme pic de SEP déclarées culminant dans les années 1995.

Dans sa discussion scientifique, le Dr Dominique Le Houézec montre que 7 des 9 critères de Hill qui permettent de relier une cause à un effet (puissance de l’association, lien temporel de l’association, spécificité de l’association…), en l’occurrence le déclenchement d’une SEP dans les suites d’une vaccination hépatite B, sont présents.

Causalité ?

Y a-t-il un lien causal ? « À partir des modèles mathématiques, explique le Dr Le Houézec, on peut dire que les vaccins vendus à une certaine date ont eu un impact sur la survenue des affections démyélinisantes; c’est un signal statistique fort. » Le lien causal, toujours difficile à démontrer, embarrasse. Il n’est pas apparu clairement dans les dizaines d’études épidémiologiques qui ont précédé mais qui elles-mêmes comportaient des biais.

Concernant l’argument de temporalité, certains opposent le fait que bon nombre de diagnostics de SEP ont été faits ces années-là vers 1996 par un recours plus grand à l’IRM apparue dans les années quatre-vingt-dix, ou que l’interféron étant devenu disponible, beaucoup de patients se sont déclarés pour en bénéficier. Est-ce que cela suffirait à expliquer une augmentation de 65 % des SEP dans les années 1995 ? « Ce n’est pas suffisant », assure le Dr Le Houézec.

Dr Anne Teyssédou, Quotidien du Médecin

Evolution of multiple sclerosis in France since the beginning of hepatitis B vaccination. Dominique Le Houézec. Immunol. Res DOI 10.1007/s12026-014-8574-4 (version française)

* (Réseau vaccin Hépatite B)

Voir aussi sur les risques établis de scléroses en plaques chez les enfants :

 

* Cachez ce risque que je ne saurais voir (Libération 14 octobre 2008)

* Sclérose en plaques chez les enfants après vaccination hépatite B : un signal statistique très fort !

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Published by Initiative Citoyenne - dans Effets secondaires-risques
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commentaires

Bernard Guennebaud 10/12/2015 18:09

Il y a une idée qui me trotte dans la tête à propos de l'étude de Dominique Le Houézec. Quel modélisation théorique peut-on lui associer en l’absence de lien entre la vaccination et les atteintes démyélinisantes ?

Ce serait une courbe fonction de la prévalence des vaccinations, c'est à dire du nombre total de vaccinés vivants à un moment donné. C’est simple : la première année de vaccination, mettons 1994, il y a 100 personnes vaccinées qui feront une SEP dans les 10 années qui suivent et qui vont donc se répartir au hasard, soit pour faire simple, 10, 10, ... 10.
La seconde année il y en aura encore 100 parmi les vaccinées, soit 0 (pour l’année précédente), 10, 10,...La troisième année pareille etc

On aura au total, 10 cas l’année 1, 20 l’année 2, 30 l’année 3 etc... jusqu’à une stabilisation quand la prévalence des vaccinations deviendra stable. Soit une droite croissante en correspondance avec la droite des prévalences.

Si le nombre de nouveaux vaccinés varie avec l’année, la prévalence des vaccinations sera une suite de segments plus ou moins croissants et la courbe des cas sera en phase avec elle et sera donc croissante.

Si tous les cas sont au contraire associés à la vaccination avec une incubation de 18 mois, la courbe des cas suivra la courbe des INCIDENCES et non plus de la prévalence, en étant décalée de 2 ans. Si l’incidence diminue, elle régressera 2 ans plus tard, si l’incidence croit, elle deviendra croissante 2 ans plus tard.

Il y a aussi les situations mixtes.

La courbe des cas vaccinés mise en évidence par Dominique Le Houézec devient décroissante très fortement, en phase décalée avec celle des incidences et non avec la prévalence croissante. Il y a donc là une forte indication d’un signal en faveur d’un lien.

Reste la question : certaines de ces SEP (ou ADC simples ?) auraient-elles pu apparaitre sans la vaccination, la quatrième année par exemple ou plus tard encore et avoir été accélérées par la vaccination pour se retrouver au cours de la seconde année et sous forme aggravée de SEP au lieu d’une ADC simple ? Si ce n’était pas le cas j’ai l’impression que le mixage entre les 2 possibilités ne pourrait pas donner une courbe aussi nettement en phase avec les incidences que dans cette publication.

La conclusion de ces comparaisons avec cette modélisation semble bien suggérer fortement que les ADC ou SEP qui seraient apparues sans cette vaccination ont été accélérées dans leurs manifestations pour s’ajouter aux cas provoqués à peu près dans le même délai de 2 ans.

Une chose parait certaine : la forte décroissance des cas après le pic est en contradiction très forte avec une absence de lien

Bernard Guennebaud 06/12/2014 08:30

Un mois avant celle de Dominique Le Houézec, sortait une nouvelle étude ( Langer-Gould) sur le lien éventuel entre atteintes démyélinisantes centrales et une vaccination quelconque ou, plus
particulièrement, hépatite B ou HPV.

Commentée par Daniel Floret, président du CTV, elle mettrait seulement en évidence un risque immédiat, dans les 30 jours qui suivent la vaccination [1].

Interprétation : le processus inflammatoire aurait débuté bien avant pour être seulement accéléré par la vaccination, « une maladie infectieuse aurait pu faire de même » commente
Floret.

Par contre, pas de risque à plus long terme. Bien, on ne demande que ça !
Cependant, dans le tableau des données concernant les ADSN (atteintes démyélinisantes du système nerveux) il y avait 6 cas apparus dans l'année qui suivait leur vaccination contre l'hépatite B
contre 25 au cours des 2 années suivantes. Six sur un an ça pourrait faire 12 sur 2 ans contre 25. A vue, malgré les variations aléatoires possibles, il y a une certaine marge qui devrait au moins
mettre la puce à l'oreille.

Aucune donnée communiquée à 2 ans. Aussi, sur les 3 années qui suivent la vaccination on pourrait avoir successivement 6, 12 et 13 cas ou 6, 10, 15 ou 6, 6, 19 par exemples. On n'a pas le droit de
savoir ce qu'il en est alors que les auteurs nous amusent avec des données à 14 jours, 30 jours, 42 jours, 90 jours et 180 jours...

Quoi qu'il en soit, cette évolution de 6 à 25 cas reste un signal, avec d'ailleurs un test significatif (voir mon article [2]) mais peu importe car ces données suggèrent un fort accroissement des
ADSN qui demanderait à être mieux étudié, en particulier en publiant les données à 2 ans et au delà de 3 ans pour voir si cette dynamique se poursuit ou pas.
Car au delà de 3 ans après la vaccination que se passe-t-il ? On ne peut le savoir puisque la publication considère que les cas vaccinés plus de 3 ans avant la date d'apparition du cas
n'avaient pas été exposés au vaccin ! Dans les comparaison statistiques ils ont donc été classés non vaccinés...

En conséquence, si la dynamique apparaissant sur le délai de 2 ans entre 1 et 3 ans, voire d'un an au cours de la troisième année, se prolongeait jusqu'à 4 ans par exemple, on ne pourra le savoir
avec les seules données publiées de l'étude.

Conclusion : sur le long terme cette publication ne permet absolument pas de conclure contrairement aux affirmations des auteurs et commentateurs comme Daniel Floret : " le fait que cette
augmentation du risque disparaisse à distance va dans le sens d'une non responsabilité du vaccin dans la genèse de la maladie."

[1] https://www.mesvaccins.net/web/news/6111-vaccinations-et-affections-demyelinisantes-du-systeme-nerveux-une-nouvelle-etude

[2] Voir mon article encore provisoire et incomplet sur la publication Langer-Gould
http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2014/11/24/31023183.html

Germain-F 06/12/2014 07:45

Dr LE HOUÉZEC : "Vaccin hépatite B et affections neurologiques prises en ALD" :

https://www.dropbox.com/s/v7t0dwena2jc7lc/Diapositive24.jpg?dl=0

                    

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