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17 décembre 2013 2 17 /12 /décembre /2013 20:00

Vaccin Gardasil

Tempête dans un verre d'eau ou scandale sanitaire ?

 

gardasil image

Le vaccin Gardasil est indiqué à partir de 9 ans pour la prévention des lésions génitales précancéreuses du col de l'utérus (HPV 16 et 18) et des verrues génitales (HPV 6 et 11). © Julien Cassagne/Maxppp

 

Le 17 décembre 2013.

Mise à jour le 18 décembre 2013


Vanessa Boy-Landry

 

Les instances sanitaires continuent de recommander le vaccin Gardasil, commercialisé en 2006 dans la prévention du cancer du col de l’utérus. Un vaccin qui fait débat au sein des professionnels de la santé et dont la controverse est née à l'étranger.

 

Il n’y a pas d’affaire Gardasil. Nos autorités de Santé et le Syndicat des gynécologues (Syngof) ont réaffirmé avec force l’intérêt démontré de ce vaccin recommandé par l’OMS, la FDA, et l’Agence européenne du médicament dans la prévention du cancer du col de l’utérus et dont « le bénéfice est supérieur au risque ». La bulle médiatique, fin novembre, déclenchée par la plainte de Marie-Océane, 18 ans, contre le laboratoire fabricant (Sanofi Pasteur MSD) a pourtant mis le feu aux poudres. Admise aux urgences hospitalières, fin 2010, avec une perte de la vue, de la marche, et une paralysie faciale, la jeune Bayonnaise vit un calvaire depuis qu’elle a reçu une deuxième injection de Gardasil. Probablement atteinte d’une sclérose ou plaques (ou d’une encéphalomyélite aigue disséminée), l’étudiante, qui vit toujours dans la peur d’une nouvelle poussée inflammatoire, incrimine le vaccin, armée d’une expertise de la Commission d'indemnisation des accidents médicaux (CRCI) qui montre un lien d’imputabilité. Sanofi Pasteur MSD conteste les conclusions de la CRCI qu’elle estime « en contradiction avec les données de la littérature scientifique et les avis des autorités de santé nationales et internationales ». Et regrette, alors qu'elles « ne sont fondées sur aucune preuve scientifique», qu'elles «jettent le discrédit sur le vaccin Gardasil et la vaccination anti-HPV (papillomavirus humains) en général. »

 

Une controverse amplifiée dans le climat bouillonnant des dernières crises sanitaires. « Des effets pervers éventuels montés en épingle », réagissait dans « Le Point » le président du Comité des vaccinations, qui rappelait, sur RTL, la controverse sur le vaccin contre l’hépatite B, fin des années 90 : « Il n’y a qu’en France que l’on croit cela. Il n’existe aucune preuve à ce jour que le vaccin contre l’hépatite B donne la sclérose en plaques. Aujourd’hui, on repart là-dessus avec le Gardasil ». Constatant la montée d’un sentiment « anti-vaccin », comme il le déclarait à « Libération » en juin, le Pr Floret déplore que la vaccination par Gardasil, alors qu’elle a fait l’objet d’un suivi de pharmacovigilance renforcé, soit « plombée par une série de polémiques, d’articles de presse nationale, mettant en cause la sécurité d’emploi du vaccin et évoquant des incidents graves, peu nombreux et surmédiatisés». 

 

Elena Pasca : «Les critiques de la première heure sont venues d'Espagne, d'Allemagne, d'Autriche».

 

« On ne peut pas abattre le Gardasil sur la base d’histoires singulières, il faut une démonstration scientifique. Mais il existe un faisceau de présomptions à l’encontre de ce vaccin», affirme Elena Pasca, philosophe et chercheuse en sciences sociales, qui souligne avant tout qu’elle n’est pas une « anti-vaccin » et qui met en garde contre les interprétations faites « à la lumière des polémiques ».  Sorte de lanceur d’alerte, elle livre sur son blog* une expertise éthique de la commercialisation du Gardasil. Ses recherches ont démarré dès 2007 « sur la base des critiques médicales étrangères «   car « le débat scientifique, en France, n’a pas eu lieu ». « Aux Etats-Unis, où la vaccination a démarré, un certain nombre d’éditoriaux sont parus, dans des revues telles que le « New England Journal of Medicine » qui montrent l’absence de preuve d’efficacité du vaccin. Des médecins ont reporté et publié des effets secondaires graves possiblement liés au vaccin : nécrose du pancréas, problèmes allergiques et respiratoires... »

 

En Europe, les critiques de la première heure sont venues d’Allemagne, d’Espagne, et d’Autriche. Dans les trois pays, les « milieux indépendants dénoncent l’homologation trop rapide de ce vaccin onéreux [135 euros la dose, à raison de trois injections] qui ne fait ni la preuve de son efficacité ni de son utilité, alors que celle du dépistage par frottis est démontrée dans la prévention du cancer du col de l’utérus. En Autriche, le vaccin n’est plus recommandé depuis le décès, en 2008, d’une jeune fille de 17 ans. « Ce drame a été un accélérateur, mais la ministre de la Santé qui est aussi médecin, était déjà convaincue que ce vaccin n’avait pas de raison d’être. Elle s’est basée sur une étude réalisée par un institut indépendant pour arrêter de le recommander», précise Elena Pasca.  Le rapport en question est une modélisation qui démontre l’inefficacité du vaccin: « Même si l’on vaccinait 85% des jeunes filles de 12 ans par Gardasil jusqu’en 2060 - et ce en supposant qu’il est efficace à 100% et immunise à vie - on n’atteindrait au bout de 52 ans qu’une diminution de 10% des cas de cancer du col de l’utérus. Et la mortalité ne baisserait que de 13%... » En Allemagne, c’est la revue indépendante « Arznei-Telegramm » (l’équivalent de «Prescrire») qui épingle le Gardasil : après analyse des résultats des études, elle révèle que l’efficacité du vaccin n’est que de 17% sur la prévention du cancer du col de l’utérus.

 

Parmi la centaine de souches HPV, une quinzaine sont susceptibles de produire des cancers. « Quand on a un virus HPV à haut risque qui, pour différentes raisons, persiste dans les voies génitales, il va s’implanter sur le col de la femme et déclencher des lésions précancéreuses qui, si elles ne sont pas traitées, vont déclencher des cancers », explique le Dr Spinosa**, gynécologue en Suisse, qui précise que la maladie évolue naturellement lentement (depuis l’infection jusqu’au cancer), sur une quinzaine d’années. Comment le Gardasil, qui cible efficacement les virus les plus agressifs peut-il avoir une si mauvaise note en matière de prévention des cancers? Le gynécologue explique ce qui relève pour lui d’une erreur conceptuelle et d’une «tricherie» : « A la base de toute l’affaire, il y a un concept biologique qui semblait correct au départ et qui s’est révélé faux. On a créé un vaccin qui cible les virus 16 et 18 parce que les études démontrent qu’ils sont responsables de 70% des lésions précancéreuses. On a déduit que si on les anéantissait, on allait du coup diminuer le nombre de lésions précancéreuses, (et donc de cancers), à hauteur de 70%. Les études ont montré l’efficacité du vaccin proche de 100% sur les virus 16 et 18, et on s’est arrêté là. »

 

Dr Spinosa : «L'efficacité du Gardasil n'est pas au rendez-vous»

 

Pour le gynécologue, l’erreur de concept est de considérer uniquement la présence du virus dans l’apparition d’un cancer. « La maladie précancéreuse et cancéreuse est la conséquence de la présence d’un virus, mais aussi et surtout d’un déficit immunitaire. Sur un terrain « permissif », si ce n’est pas le virus 16 ou 18, ce sera un de ses «frères» (le 31, le 33…) qui déclenchera un cancer. Le fait de vous faire vacciner n’aura absolument rien changé. Les études sur lesquelles se base le monde entier reposent sur une efficacité spécifique du vaccin (les lésions précancéreuses liées aux virus 16 et 18), mais ça ne suffit pas ! Or l’efficacité sur l’ensemble des lésions précancéreuses a été évaluée, mais le chiffre n’a jamais été officialisé : 16,9%. On est très loin des 70% attendus. »

 

Un vaccin dont le résultat « n’est pas au rendez-vous » et dont l’utilité, dans nos sociétés industrialisées, est mise en doute par plusieurs études indépendantes (en Espagne, en Autriche, aux Etats-Unis), comme le signale Elena Pasca sur son blog, qui établissent la présence des souches 16 et 18, majoritairement dans les pays pauvres.

 

La médiatisation de l’hospitalisation de deux jeunes filles en 2009 (malaises, convulsions, pertes de connaissance) et le décès d’une troisième, en 2012, ont suscité beaucoup d’émoi en Espagne, où le mouvement de résistance civique est fort. L’épidémiologiste Carlos Alvarez-Dardet dénonce les conflits d’intérêts qui entourent la promotion du vaccin et parle même, dans la presse, d’une « expérimentation menée sur les jeunes filles ». Sur Internet, les témoignages dramatiques foisonnent à travers le monde. Autant de vies brisées par la maladie et que l’on associe à la vaccination Gardasil. « Fatigue chronique, hypersensibilité à la lumière, paralysie…», sont des symptômes qui reviennent souvent dans les troubles ressentis par les filles, raconte la mère de Julie, de l’association française « Les filles et le Gardasil ». Sclérose en plaques, encéphalite disséminée aigue, maladie de Verneuil, syndrome de Guillain Barré… autant de maladies diagnostiquées. 

 

Le lien entre le vaccin et des effets secondaires graves: rapidement écarté par les autorités?

 

Convaincue de la faible déclaration des effets secondaires graves auprès des instances, Sophie Meulemans, de l’association belge «Initiative Citoyenne»,  regrette que la déperdition importante du nombre de candidates au vaccin, surtout entre la deuxième et la troisième injection, n'ait pas constitué un signal de pharmacovigilance. Tout comme « Les signaux récurrents, sur Internet, dès 2007, de thromboses, de cycles menstruels perturbés, de décès brutaux...» Et cite l’exemple***, publié dans «The British Medical Journal» en 2012, d’une ménopause précoce survenue trois ans après l’injection du vaccin. Les auteurs décrivent un « possible effet secondaire de la vaccination qui pourrait soulever des implications potentielles en termes de santé publique et requiert des investigations urgentes. » Il semble, selon des chercheurs anglais**** que « de nombreuses autorités médicales ont trop rapidement écarté un lien possible entre les vaccins anti-HPV (Gardasil et Cervarix) et des effets secondaires graves ».

 

Pour Elena Pasca et le Dr Spinosa, la question de l’effet secondaire ne devrait même pas se poser car «en l’absence de preuve d’efficacité d’un vaccin qu’on administre à des adolescentes en bonne santé, aucun risque n’est justifié ». D’autant que l’incidence et la mortalité de ce cancer ont chuté depuis l’amélioration de l’hygiène de vie et l’apparition du dépistage par frottis. Au point qu’il peut devenir demain, dans notre pays, une maladie rare, comme l’indique l’Institut de veille sanitaire. « Le faisceau de présomptions est fort et devrait inciter aujourd’hui l’Etat à financer une recherche sur des fonds publics. » La seule façon responsable, pour Elena Pasca, de sortir de la controverse.

 

* Le blog d'Elena Pasca, Pharmacritique.

** Jean-Pierre Spinosa, coauteur avec Catherine Riva de «La piqûre de trop», éd. Xenia.
*** Premature ovarian failure 3 years after menarche in a 16-year-old girl following human papillomavirus vaccination, BMJ Case Reports 2012.

**** Etude de Christopher A.Shaw et Lucija Tomljenovic, "Annals of Medicine" (2011).

 

Source: Paris-Match

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Published by Initiative Citoyenne - dans Médias & vaccins
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