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22 mai 2014 4 22 /05 /mai /2014 21:37

Vaccins à l’aluminium: un débat loin d’être tranché

 

Le 22 mai 2014 par Romain Loury

 

poison-vaccins.jpg

  

La myofasciite, maladie de l'adjuvant aluminium?

 

La polémique sur les vaccins adjuvantés à l’aluminium ne faiblit pas, même entre les scientifiques, comme en témoignent les échanges tenus lors du colloque organisé ce jeudi 22 mai par l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (Opecst).

 

Ce jeudi aura vu deux colloques sur les vaccins à l’aluminium se succéder à l’Assemblée nationale: l’un organisé par l’association d’entraide aux malades de myofasciite à macrophages (E3M), l’autre par l’Opecst. Et force est de constater que le consensus est loin d’être acquis quant à un éventuel rôle de l’adjuvant aluminium, employé depuis les années 1920, et la myofasciite à macrophages. Originalité du sujet: il ne s’agit pas d’une simple querelle entre associations et experts, comme c'est souvent le cas, mais d’une réelle controverse entre scientifiques.

 

La myofasciite à macrophages évoque le syndrome de fatigue chronique, avec ses douleurs musculaires et articulaires, sa fatigue généralisée et persistante, ses troubles cognitifs. Et ce en présence de lésions au niveau du muscle –là où a eu lieu l’injection-, avec infiltration de macrophages, des cellules immunitaires, qui s’avèrent chargés de sels d’aluminium.

 

«Personne ne discute le fait qu’il y ait des lésions histologiques avec présence d’aluminium, ou le fait qu’il y a une persistance plus élevée de l’aluminium chez certaines personnes. Mais il n’y a aucun lien entre la persistance de l’aluminium et l’apparition de signes cliniques», a jugé Daniel Floret, qui dirige le comité technique de la vaccination du Haut conseil de la santé publique (HCSP).

 

En janvier 2013, le HCSP avait estimé qu’il n’y avait pas lieu de remettre en cause la balance bénéfices-risques de ces vaccins à l’aluminium, dont le fameux vaccin hexavalent administré aux nourrissons, qui les immunise contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, l’hépatite B, la coqueluche, et l’Haemophilus influenzae B.

 

Des résultats plus que suggestifs.

 

Pour François-Jérôme Authier, responsable du Centre de référence des maladies rares à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil), nul doute en revanche quant au rôle de l’aluminium dans la myofasciite à macrophages: «Le lien entre les douleurs musculo-articulaires et les lésions est démontré, ainsi que celui entre la fatigue et les lésions». Identifiée seulement en 1993, cette maladie demeure «sous-diagnostiquée», mais il est certain que «si l’on augmente le nombre de vaccins à l’aluminium, on aura forcément une hausse du nombre de cas».

 

Egalement de l’hôpital Henri-Mondor dont il dirige le service d’histologie-embryologie, Romain Gherardi a mis en évidence l’accumulation d’aluminium dans le cerveau de souris, et poursuit ses travaux, désormais financés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Une aide financière consentie suite à la grève de la faim effectuée par deux membres de l’association E3M en 2013.

 

Or les résultats préliminaires annoncés par Romain Gherardi lors du colloque semblent conforter l’idée d’un lien de causalité. Analysant un groupe de souris auxquelles il a injecté un vaccin contre l’hépatite B à l’aluminium, le chercheur dit avoir observé, à 135 jours, des signes d’«anxiété, de baisse d’activité et d’endurance physique» par rapport aux animaux-contrôles. Autant de signes «qui ressemblent à ceux de la myofasciite à macrophages» chez l’homme, a-t-il noté.

 

A l’inverse, Jean-François Bach, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, estime que «la base de l’appréciation d’un vaccin doit se faire sur la base de données épidémiologiques» et que «les modèles expérimentaux ne sont là que pour ouvrir des pistes». Au sujet de la surveillance en population, le directeur général de l’ANSM, Dominique Maraninchi, espère d’ailleurs avoir «des résultats de pharmaco-épidémiologie d’ici la fin de l’année».

 

De nouveaux adjuvants en cours d’étude

 

Face aux incertitudes, la recherche de nouveaux adjuvants se poursuit, mais elle s’avère de longue haleine. Pour Alain Sabouraud, représentant le laboratoire Sanofi Pasteur lors du colloque, remplacer un adjuvant par un autre «n’est pas un changement anodin: cela demande un redéploiement complet des produits, qui prendra 10 à 15 ans au minimum (…). Nous devrons faire la démonstration de la non-infériorité [par rapport aux vaccins actuels], non seulement en termes d’efficacité à long terme, mais aussi d’innocuité».

 

Sanofi Pasteur entretient des relations pour le moins délicates avec l’association E3M, qui a porté plainte contre X en janvier en raison de l’arrêt de commercialisation, en 2008, d’un vaccin DTPolio sans adjuvant aluminium (voir le JDLE). Trois patients atteints de la maladie ont d’ailleurs porté plainte en juillet 2013 pour «atteinte à l’intégrité de la personne, mise en danger de la personne/risques causés à autrui» (voir le JDLE).

 

Egalement évoquée lors du colloque, la campagne de vaccination contre le papillomavirus, car de nombreux doutes subsistent quant à son innocuité –si bien qu’au Japon, il a tout bonnement été décidé de la suspendre. Plusieurs travaux ont suggéré l’existence d’effets indésirables de type neurologique et de maladies auto-immunes.

 

Présent lors du colloque organisé jeudi matin par E3M, le député Jean-Louis Roumégas (EELV, Hérault), a souligné dans un communiqué «l’urgence d’une expertise indépendante, détachée de tout lobby, premier pas fondamental pour restaurer la confiance des Français en leurs autorités sanitaires».

 

Source:  Journal de l'Environnement (pas pour l'image d'illustration)


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Published by Initiative Citoyenne - dans Effets secondaires-risques
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