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11 mai 2012 5 11 /05 /mai /2012 21:57

11 mai 2012

 

Nous l'évoquions dans un précédent bulletin électronique : les grandes sociétés pharmaceutiques sont actuellement confrontées à un véritable dilemme vis à vis de leur stratégie de recherche et développement. Bien que désireuses de stimuler l'innovation à un stade précoce, elles restent en effet très hésitantes quant à l'opportunité d'augmenter les ressources internes qu'elles consacrent à la recherche et à la découverte de nouvelles thérapies. Face à ce dilemme, ces entreprises tendent de plus en plus à se tourner vers des fonds d'investissement afin de participer, très en amont, au financement de jeunes entreprises innovantes (JEIs) dans le domaine de la santé.

Un modèle de collaboration ouverte...

C'est à un véritable changement de modèle de R&D auquel nous assistons au sein des "Big Pharmas": au cours des quatre derniers mois, le groupe pharmaceutique français Sanofi, l'irlandais Shire PLC et l'entreprise Merck and Co. basée dans le New Jersey ont ainsi conclu des collaborations avec plusieurs fonds d'investissement [2] [3] [4]. Pour les grands groupes pharmaceutiques, l'objectif de ces alliances est de permettre de se placer, au moindre coût, au plus près des nouvelles idées qui émergent des JEIs dans le secteur pharmaceutique, tout en donnant en retour la possibilité à ces JEIs d'accéder à de l'expertise clinique et réglementaire, une ressource qui fait précisément la force des "Big pharmas".

 

Lire la suite sur Bulletins-électroniques.com

 

Voir aussi ici cet article sur le "recyclage" des molécules thérapeutiques.

 

Les pharmas visent toujours pour elles le plus de bénéfices au moindre coût financier, mais pas humain hélas, comme a encore pu le démontrer l’excellente émission d’investigation diffusée récemment sur France 2 (« Les vendeurs de maladies »)

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24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 23:52

Magazine d'investigation sur France 2 le vendredi 27 avril 2012 de 22H25 à 23H55.  

Présenté par Elise Lucet   [voir ou revoir l'émission? Cfr ci-dessous]

Les vendeurs de maladies

   

Ces laboratoires qui inventent de toutes pièces une pathologie pouvant correspondre à la nouvelle molécule qu’ils viennent de mettre au point, parfois malgré des effets secondaires avérés, pour lesquels ils ont déjà prévu de nouveaux médicaments.  

 

"Nous montrons ce que cachent le marketing et la communication bien lissés de ces géants. Il est notoire que journalistes et attachés de presse travaillent ensemble alors que, parfois, leurs intérêts divergent. Je voulais casser ce ronronnement"

 

« Casser ces interviews entendues et faire dériver le sujet vers des questions plus sensibles et carrément dérangeantes. Montrer comment ces professionnels des relations avec la presse et le public cherchent parfois à nous piéger, journalistes et citoyens. Après notre enquête, nous terminons le magazine par le portrait d’une personne ayant réussi par sa force de conviction et son obstination à faire plier un de ces grands groupes. On les appelle aux États-Unis : les “lanceurs d’alerte »  

 

Les laboratoires Merck et Sanofi seront mis en cause dans cette enquête inédite.  

 

REVOIR L'EMISSION:

 

 

Dans ces conditions, on comprend qu'il est fort peu probable que tous les vaccins que les laboratoires nous recommandent fortement, avec la complicité des autorités publiques, soient aussi nécessaires ou utiles qu'on nous le prétend, mais on comprend également qu'il n'est pas dans l'intérêt financier des pharmas de développer des vaccins plus sûrs, avec moins d'effets secondaires puisque ceux-ci boosteront donc en partie la vente de plusieurs de leurs autres médicaments "palliatifs", en cas de maladies chroniques ou auto-immunes incurables survenant par exemple en post-vaccination...

 

 

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10 avril 2012 2 10 /04 /avril /2012 21:52

Voici ce qu'on peut lire sur la page du géant pharmaceutique dédiée à la collaboration avec les associations de patients:

 

"Dans un souci de transparence, GSK a décidé de publier sur ce site toutes les informations sur les sponsorings aux organisations de patients en Belgique. Vous y trouverez tous les détails sur des projets spécifiques ainsi que sur le montant des sponsorings que GSK offre aux associations de patients.

 

Ces informations seront disponibles à partir du 18 février 2011. GSK actualisera ces informations annuellement sur ce site.



"Cliquez ici pour un aperçu détaillé des associations de patients et autres associations que GSK soutient. Ceci concerne toute information de l'année 2010. "

 

 

Ainsi, selon GSK, ils n'auraient versé que 37 233 euros de fonds à 15 associations de patients en 2010. Seulement? Qui peut y croire? Plus tout ce qu'on ne saura jamais.



tirelire.jpgNe pas oublier non plus leur contribution d'un montant sans doute nettement plus rondelet à:



- la Fondation contre le Cancer (dont le directeur médical, le Dr Van Der Steichel osait affirmer qu'ils ne recevaient QUE des dons du grand public dans un débat sur BEL RTL!)



- Et bien sûr leur sponsorship à des tas de sociétés savantes comme la Société belge de Pédiatrie, le Groupement des Gynécologues obstétriciens de langue française (GGOLFB), etc



Après cela, pour conclure, il ne reste plus qu'à copier-coller le slogan de la firme:

 

"GlaxoSmithKline contribue à votre santé afin que vous vous sentiez bien tout en vivant mieux et plus longtemps. Au niveau international, notre devise est: Do more, feel better, live longer! "



C'est sûr, on y croit!



 

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2 mars 2012 5 02 /03 /mars /2012 22:07

Les conspirateurs du tabac

 

Le Monde- 25 février 2012.

 

Cigarette.jpg

Stanford (Etats-Unis), envoyé spécial - Si vous souhaitez rester convaincu que l'on fume parce que c'est agréable et que c'est ainsi, tournez la page. Vous avez tout à perdre à lire ce qui suit. Mais peut-être avez-vous envie de savoir pourquoi les gens fument et pourquoi il leur est aussi difficile de s'arrêter. De savoir pourquoi autant d'entre eux devraient en mourir. Et de comprendre pourquoi tout cela nous semble aussi normal. Pour cela, il faut entrer dans la salle des machines de la plus vaste entreprise d'ingénierie du consentement jamais menée à bien. C'est un endroit compliqué. C'est un enchevêtrement d'hommes et d'institutions devenus les rouages d'une subtile mécanique, capable d'infiltrer la culture et la science, de subvertir la médecine et de corrompre en masse. Et, pour vous guider dans ce dédale, Robert Proctor est la personne qu'il vous faut.

 

Robert Proctor, 57 ans, n'est ni un conspirationniste ni un hygiéniste acharné. Historien des sciences, professeur à la prestigieuse université Stanford (Californie), il est l'auteur de Golden Holocaust, un livre qui paraît ces jours-ci aux Etats-Unis et qui inquiète sérieusement l'industrie américaine du tabac. Au point qu'elle a eu recours à toutes les voies légales pour tenter de mettre la main sur le manuscrit avant sa publication. Sans succès.

 

Qu'y a-t-il dans ce pavé de 750 pages qui trouble tant des géants comme RJ Reynolds ou Philip Morris ? Il y a leurs propres mots. Leurs petits et grands secrets, puisés dans les mémos et les messages internes, dans les rapports confidentiels, dans les comptes rendus de recherche de leurs propres chimistes, de leurs propres médecins. Le fait est peu connu en France : cette précieuse et explosive documentation – les "tobacco documents" – est publique depuis la fin des années 1990. En 1998, le Master Settlement Agreement, qui clôt les poursuites engagées par 46 Etats américains contre les cigarettiers, ne comprend pas qu'un volet financier (le versement de 250 milliards de dollars – 188 milliards d'euros – échelonnés sur deux décennies), il ordonne aussi la mise dans le domaine public des secrets de l'industrie.

 

INFILTRATION

 

Des millions de documents, recouvrant plus de cinq décennies, ont ainsi été exfiltrés des quartiers généraux des grands cigarettiers et confiés à l'université de Californie à San Francisco, chargée de bâtir la Legacy Tobacco Documents Library, et de mettre sur le Net ce fabuleux corpus. Treize millions de documents, soit plus de 79 millions de pages, sont déjà numérisés. De nouveaux sont ajoutés chaque jour ou presque. C'est au prisme de ces archives que Golden Holocaust tente de raconter une histoire globale de la cigarette. Robert Proctor épluche les "tobacco documents" depuis plus de dix ans. De quoi devenir paranoïaque. Entre mille autres choses, il y a découvert que le professeur qui l'a recruté à Stanford, voilà de nombreuses années, avait secrètement émargé chez les géants du tabac. Il y a aussi compris pourquoi une de ses demandes de financement avait été refusée par la National Science Foundation (principale agence fédérale de financement de la recherche américaine) : celui qui examinait les dossiers touchait de l'argent du tabac...

 

Tous ceux qui ont passé du temps sur les "tobacco documents" sont peu ou prou arrivés aux mêmes conclusions. Les experts de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) en ont tiré un rapport explosif de 260 pages, publié en juillet 2000, montrant comment les cigarettiers avaient infiltré leur organisation grâce à des associations écrans ou à des scientifiques secrètement payés par eux. Le tout, bien sûr, pour entraver la mise en oeuvre de politiques de contrôle du tabac. Et lors des poursuites engagées en 1999 par l'administration Clinton, en partie fondées sur les "documents", les procureurs fédéraux ont plaidé que les manufacturiers américains du tabac ont "préparé et exécuté – et continuent à préparer et exécuter – un vaste complot depuis un demi-siècle pour tromper le public".

 

5,5 MILLIONS DE MORTS PAR AN

 

La cigarette, ce sont d'abord des chiffres. Des chiffres colossaux. Chaque année, la cigarette tue plus que le paludisme, plus que le sida, plus que la guerre, plus que le terrorisme. Et plus que la somme des quatre. Plus de cinq millions et demi de vies emportées prématurément chaque année. Cent millions de morts au XXe siècle ; sans doute un milliard pour le siècle en cours.

 

Réfléchir au tabac donne le vertige et la nausée. Chaque année, il se produit suffisamment de cigarettes pour emplir 24 pyramides de Khéops. Leur combustion déposera quelque 60 000 tonnes de goudron au fond de poumons humains. On peut aussi aborder la question en se demandant ce que l'homme a inventé de plus inutilement dangereux pour lui-même : rien. "La cigarette, résume Robert Proctor, est l'invention la plus meurtrière de l'histoire de l'humanité."

 

Il y a d'autres chiffres, d'autres calculs. "A chaque million de cigarettes fumées au cours d'une année, il y aura un mort prématuré dans les vingt-cinq ans qui suivent. C'est une loi qui est valable à peu près partout ", constate Robert Proctor. Cette macabre règle de trois a des applications inattendues. Comme celle de savoir combien de morts ont causé les mensonges des hauts cadres de "Big Tobacco".

 

"MAINTENIR LA CONTROVERSE VIVANTE"

 

Le 14 décembre 1953, les grands patrons du tabac se retrouvent discrètement à l'hôtel Plaza de New York. Quelques mois auparavant, des expériences menées sur des souris ont montré que le produit qu'ils vendent est cancérigène – ce que les médecins allemands savaient depuis les années 1920 –, et des journaux commencent à évoquer cette possibilité. Au terme de réunions avec le patron de Hill & Knowlton, conseiller en relations publiques, les géants du tabac se lancent dans une entreprise de propagande et d'instrumentalisation du doute scientifique qui retardera la prise de conscience des ravages de la cigarette. Il faut "maintenir la controverse vivante". Un cadre de Brown & Williamson l'écrit dans un célèbre mémo, découvert dans les "tobacco documents " : "Le doute est ce que nous produisons." Avec succès. Ce n'est qu'en 1964 que les autorités sanitaires américaines commenceront à communiquer clairement sur le lien entre tabac et cancer du poumon.

 

Dix ans de retard. "Si on décale les courbes de la consommation du tabac, c'est-à-dire si on place en 1954 le début de fléchissement constaté à partir de 1964, on voit que 8 000 milliards de cigarettes "en trop" ont été consommées aux Etats-Unis. Elles n'auraient pas été fumées si le public avait su la vérité dix ans plus tôt, explique Robert Proctor. Cela représente environ huit millions de morts dans les décennies suivantes." Les mensonges d'une demi-douzaine de capitaines d'industrie provoquant la mort de plusieurs millions de personnes ? Une fiction qui mettrait en scène une conspiration de cette ampleur serait taxée d'irréalisme ou de loufoquerie...

 

Tout ne commence pas en décembre 1953. D'autres manoeuvres sont plus anciennes. Le plan Marshall, par exemple. Le grand programme d'aide à la reconstruction de l'Europe dévastée par la seconde guerre mondiale a également été "mis à profit par les cigarettiers américains pour rendre les populations européennes accros au tabac blond flue-cured, facilement inhalable". Tout est là. Le flue-curing est une technique de séchage des feuilles de tabac qui se répand largement aux Etats-Unis à la fin du XIXe siècle, et qui permet de rendre la fumée moins irritante, donc plus profondément inhalable. Or jusque dans la première moitié du XXe siècle, on fume encore, dans une bonne part de l'Europe continentale, du tabac brun, très âcre, beaucoup moins dangereux et addictif. Car plus la fumée peut pénétrer profondément dans les poumons, plus l'afflux de nicotine dans l'organisme est rapide, plus l'addiction qui se développe est forte. Et plus les dégâts occasionnés sur les tissus pulmonaires sont importants. "Au cours de la réunion de Paris (le 12 juillet 1947) qui a mis en mouvement le plan Marshall, il n'y avait aucune demande des Européens spécifique au tabac, raconte Robert Proctor. Cela a été proposé et mis en avant par un sénateur de Virginie. Au total, pour deux dollars de nourriture, un dollar de tabac a été acheminé en Europe."

 

"RENDRE LES FUMEURS LE PLUS ACCRO POSSIBLE"

 

Le succès de la cigarette repose toujours, aujourd'hui, sur le talent des chimistes de "Big Tobacco" pour rendre la fumée plus douce, plus volatile, plus pénétrante. Les fumeurs, qui connaissent cette sensation de piquante fraîcheur aux poumons, tiennent pour naturel et normal de fumer ainsi. "Avaler" la fumée, dit-on. C'est au contraire le résultat d'une chimie pointue et compliquée. Plusieurs centaines de composés - accélérateurs de combustion, ammoniac, adjuvants divers, sucres, etc. - sont ajoutés au tabac. Ils rendent la fumée moins irritante, plus inhalable. "On peut dire que la cigarette est véritablement un produit défectueux en ce sens qu'il est beaucoup plus nocif qu'il ne devrait "normalement" l'être... Il est modifié pour rendre les fumeurs le plus accro possible et cela le rend plus dangereux", explique Robert Proctor.

 

Parfois, ce qu'on retrouve dans les cigarettes n'a pas été ajouté par les chimistes de l'industrie, mais par les caprices de la nature. Ainsi du polonium 210. Pour des raisons non encore éclaircies, la feuille de tabac a une détestable propriété : elle fixe et concentre cet élément radioactif naturellement présent dans l'environnement à des teneurs infimes. Les "tobacco documents" montrent que, dès les années 1950, l'industrie a découvert cette vérité qui dérange. Elle ne divulguera rien. Les premières publications indépendantes sur le sujet n'interviendront qu'au milieu des années 1960...

 

Golden Holocaust raconte par le menu comment les cadres de l'industrie ont réagi à ce "petit souci" de qualité du produit fini. Et le luxe de détails prodigués par les "tobacco documents" fait basculer dans un univers sidérant. Dans un premier temps, les cigarettiers cherchent à se débarrasser de cet élément radioactif. Ils font mener des travaux qu'ils gardent secrets. Car les publier pourrait "réveiller un géant endormi" ("waking a sleeping giant", dans le texte), écrit un cadre de Philip Morris à son patron, en 1978, ajoutant : "Le sujet va faire du bruit et je doute qu'il faille fournir des faits."

 

Plusieurs solutions sont découvertes. Changer d'engrais ? Traiter les feuilles de tabac à l'aide d'un bain d'acide ? Sélectionner les feuilles les moins chargées en polonium ? Aucune de ces solutions ne sera, semble-t-il, retenue. Car résoudre ce problème ne procure pas d'"avantage commercial ", selon l'expression d'un haut cadre de RJ Reynolds, consignée dans les documents. Le passage des feuilles de tabac par un bain acide, par exemple, contraindrait à une "gestion spécifique" d'effluents radioactifs. Cela coûte de l'argent.

 

"UNE FORME D'ESCLAVAGE"

 

Surtout, redoutent les industriels, ce traitement pourrait affecter les propriétés chimiques de la nicotine, la rendant moins efficace à entretenir leur capital le plus précieux : l'addiction. Et puis, mieux vaut ne pas mettre sur la place publique ce problème, même si c'est pour annoncer l'avoir résolu. Dans les années 1980, Philip Morris ferme son laboratoire ad hoc. Surtout, ne pas réveiller le "géant endormi".

 

Quelque trente années plus tard, il dort toujours d'un sommeil de plomb. Combien de fumeurs savent qu'ils ont dans la poche un paquet de 20 tiges légèrement chargées de polonium 210 ? Combien savent qu'un paquet et demi par jour équivaut – selon une évaluation publiée en 1982 dans le New England Journal of Medicine – à s'exposer annuellement à une dose de rayonnement équivalente à 300 radiographies du thorax ? Combien savent que ce polonium 210 est responsable d'une fraction non négligeable des cancers contractés par les fumeurs ? Lorsqu'on sait, il y a quelque chose de tristement effarant à voir des militants antinucléaires griller une cigarette lorsqu'ils attendent, pour les intercepter, les convois d'oxyde d'uranium de l'industrie nucléaire ; eux-mêmes introduisent dans leur organisme un radioélément qui les irradiera de l'intérieur...

 

On mesure le succès d'une entreprise de propagande à l'aune de ce genre de paradoxe. Il y en a d'autres. Par exemple, le plaisir procuré par la cigarette. "C'est une pure fabrication de l'industrie, répond M. Proctor. C'est une différence fondamentale avec d'autres drogues comme l'alcool et le cannabis. La cigarette n'est pas une drogue récréative : elle ne procure aucune ébriété, aucune ivresse." Elle ne fait que soulager celui qui est accoutumé au tabac, elle le rend fonctionnel. "C'est écrit en toutes lettres dans les documents : fumer n'est pas comme "boire de l'alcool", c'est comme "être alcoolique", dit Robert Proctor. Parmi ceux qui aiment la bière ou le vin, seuls 3 % environ sont accros à l'alcool. Alors qu'entre 80 % et 90 % des fumeurs sont dépendants. C'est une forme d'esclavage."

 

PROPAGANDE

 

Pourtant, l'American Civil Liberties Union (ACLU) – l'équivalent de notre Ligue des droits de l'homme – a fait campagne au début des années 1990 pour la "liberté" de fumer sur le lieu de travail. Mais il est vrai que la prestigieuse ACLU venait, elle aussi, de toucher quelques centaines de milliers de dollars de l'industrie du tabac... "Comment peut-on parler de liberté lorsque 90 % des fumeurs interrogés disent vouloir s'arrêter sans y parvenir ?" Le novlangue d'Orwell n'est pas loin. "La guerre, c'est la paix", "l'amour, c'est la haine" professait le Parti omnipotent de 1984. Dans le monde du tabac, "l'esclavage, c'est la liberté".

 

Et ce message fait mouche. Les adolescents voient souvent dans la cigarette une manifestation d'esprit rebelle. Convaincre qu'inféoder ses fonctions biologiques à de grands groupes industriels tient de la rébellion, voilà un tour de force marketing, dont le projet est inscrit en toutes lettres dans les "tobacco documents" : il faut vendre aux jeunes l'idée que fumer procède d'une "rébellion acceptable".

 

Créer de toutes pièces des réflexes mentaux dans la population – qui ne résistent ni à l'analyse critique ni même au simple bon sens – est la part la plus fascinante de cette histoire. C'est le fruit d'investissements lourds. Depuis des décennies, les apparitions des marques de cigarettes dans le cinéma hollywoodien sont millimétrées, à coups de millions de dollars. D'autres millions sont investis par l'industrie dans la recherche biomédicale académique : non pour trouver des remèdes aux maladies du tabac mais, très souvent, pour documenter des prédispositions génétiques à des maladies, attribuées ou non à la cigarette... "Des sommes colossales ont été injectées par le tabac dans la génétique fonctionnelle, au détriment des travaux sur les facteurs de risques environnementaux, dont le tabac, explique Robert Proctor. Cela crée ce que j'appelle un "macrobiais" dans la démarche scientifique. Cela contribue à développer l'idée que les maladies sont programmées en nous et qu'on n'y peut rien."

 

Infiltration de la culture, infiltration de la science. Il restait à Robert Proctor à en découdre avec sa propre discipline. "J'ai aussi cherché les rats dans ma propre maison", déclare-t-il. Une cinquantaine d'historiens – la plupart financés ou secrètement payés par les cigarettiers – ont formulé lors des procès du tabac des témoignages favorables aux industriels. Dans les "tobacco documents", les cigarettiers parlent de développer une "écurie" de savants. Seuls deux historiens américains – dont l'auteur de Golden Holocaust – ont témoigné du côté des malades.

 

L'histoire est un enjeu important, crucial même. "Aborder l'histoire d'une certaine façon, conclut le professeur de Stanford, comme, par exemple, dans cette étude présentant "les origines de la controverse du tabac dans l'Angleterre du XVIIe siècle", permet de normaliser un phénomène qui, regardé autrement, serait simplement intolérable." Il faut inscrire la cigarette comme une variable banale de l'Histoire longue pour occulter le caractère inédit de l'addiction de masse qui s'est développée depuis le milieu du siècle dernier.

 

Peser sur l'histoire et les sciences sociales pour fabriquer le consentement. Philip Morris a formalisé ce projet en 1987 sous le nom de Project Cosmic – un plan destiné à "créer un réseau extensif de scientifiques et d'historiens partout dans le monde", toujours selon les "tobacco documents ". "Il s'agissait de recruter des savants dont les travaux ou les idées pourraient contribuer à forger une "narration" favorable aux industriels", explique Robert Proctor.

 

Cas pratique, parmi tant d'autres. Dans les années 1990, l'historien travaillait sur un sujet original et peu défriché : les politiques de santé publique dans l'Allemagne nazie et la guerre qu'Hitler avait déclarée à la cigarette. L'un de ses articles sur le sujet fut accepté en 1997 par le Bulletin of the History of Medicine. Mais, quelques années plus tard, la revue a refusé un autre de ses articles  – cette fois sur l'industrie américaine du tabac. Lorsqu'une étude permet de nourrir un amalgame entre contrôle du tabac et totalitarisme, elle est acceptée ; lorsqu'elle dérange les industriels, elle est rejetée... Pour comprendre, dit Robert Proctor, "il suffit de regarder la composition du comité éditorial de la revue et les liens financiers de certains de ses membres avec le tabac". Les chiens de garde du Project Cosmic surveillaient les portes de la revue savante.

 

Contactés par Le Monde, les cigarettiers cités n'ont pas souhaité commenter les travaux de M. Proctor.

 

Stéphane Foucart

 

Source: Le Monde 

 

loupe

Comment, en lisant ce genre de récit édifiant, ne pas penser à cette bonne vieille industrie pharmaceutique productrice de vaccins et autres « produits miracles » ?

Car enfin, elle a constitué, elle aussi, son « écurie de savants », elle s’attèle aussi à « la fabrique du consentement » et à occulter l’histoire dérangeante des échecs passés et autres grandes luttes violentes pour la liberté vaccinale.

Les cénacles de cette même industrie ont eux aussi couché sur papier nombre d’aveux accablants au terme de leurs réunions et autres meetings tenus à l’abri des caméras, comme l’a d’ailleurs démontré, preuves à l’appui, la journaliste Janine Roberts.

 

Comment ne pas voir que les ravages possibles des vaccinations pourraient être tout aussi importants et insidieux et même peut-être plus encore, en sachant que quasiment personne n’y échappe et que jamais les fabricants ni les officiels n’ont consenti à tester le potentiel cancérogène de ces vaccins, contrairement à de nombreux autres médicaments et substances ! Alors oui, il est plutôt facile et commode, quand on s’interdit ce genre de recherches aux possibles résultats inquiétants dont on se doute, de continuer à ignorer la cause vaccinale comme l’une des grandes causes ou co-facteur possibles de l’explosion de cancers chez l’adulte comme chez l’enfant, de plus en plus polyvaccinés. Les vaccins interfèrent avec le système immunitaire et le cancer résulte d'un dysfonctionnement de ce même système immunitaire, faut-il le rappeler?

 

Oui, la société est en train d’accumuler des décennies de retard et des victimes inutiles pendant que les vaccins sont présentés à coup de propagande comme « indispensables tout au long de la vie », comme le laissait ainsi penser de façon trompeuse une publicité gouvernementale. Laissez donc juger « les experts » semblait vouloir dire la Ministre en charge. Ah oui ? Pourtant, il faut la rappeler, les revues médicales officielles ont un temps vanté les mérites du tabac (eh oui !) en raison des accointances entre les dirigeants des cigarettiers et ceux de grandes revues médicales. Nombre de médecins, comme ceux qui conseillent à présent souvent aveuglément et "de bonne foi" les vaccins, avaient alors embrayé avec ces conseils tout à fait non fondés, contre-productifs et même dangereux. A présent, de prestigieuses revues médicales qui dénigrent, sans doute à la va-vite des scientifiques comme Wakefield, sont elles aussi prises dans un écheveau de liens d’intérêts et autres « partenariats d’éducation permanente » avec de grandes firmes pharmaceutiques productrices de vaccins. Le même genre d'"impact" sur les médecins de terrain est à craindre. Triste effet d'entraînement, triste effet boule de neige...

 

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3 février 2012 5 03 /02 /février /2012 22:02

Un article du 2 février du journal Le Point mentionne la "perquisition de grande envergure" qui a eu lieu jeudi au siège de l'Afssaps dans le dossier du Mediator pour lequel les laboratoires Servier et leur fondateur sont accusés de tromperie aggravée.

 

Est-ce utile? Oui bien sûr mais le plus gros problème est que ce genre d'article de presse donne l'impression trompeuse que le ménage serait fait là où c'est nécessaire sans rien dire du scandaleux deux poids deux mesures en vigueur quand il s'agit de l'insécurité vaccinale, autrement moins dénonçable que celle du Mediator.

 

Car enfin, faut-il le rappeler, les deux fabricants de vaccin anti-hépatite B, Sanofi Pasteur et GlaxoSmith Kline n'ont-ils pas eux aussi été mis en examen pour tromperie aggravée début 2008? Pourtant, le moins qu'on puisse dire est que le traitement réservé aux victimes du Mediator et aux victimes du vaccin hépatite B est loin d'être le même.

 

Perquisitions à l'Afssaps dans l'affaire du Mediator et obstruction judiciaire dans le dossier vaccinal où depuis plusieurs années, tout est fait pour entretenir le "pourrissement" pur et simple, que ce soit via un manque de moyens organisé ou des personnes censées freinées les choses au niveau du parquet.

 

Visiblement, ce dossier vaccinal indispose d'autant plus que les autorités y sont directement liées, ayant activement promu cette vaccination tous azimuts dès les années 90 avec des liens pour le moins opaques entre les Ministres et les fabricants de vaccins.

Si on ajoute à cela le fait que toute affaire de ce genre risque encore d'écorner l'image déjà très affectée des vaccins et que la France compte sur son territoire un des fabricants mondiaux de vaccins, on comprend pourquoi ce dossier n'est pas traité avec le même activisme que celui du Mediator.

 

L'industrie du vaccin est décidément in-tou-cha-ble, comme l'avait déjà démontré l'infâme décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, garantissant ainsi l'impunité totale des fabricants en cas d'effets secondaires sans quoi les fabricants de ces "produits inévitablement dangereux" risqueraient de devoir fermer leurs portes selon la Cour...

 

 

Voir aussi l'article "Mediator, paravent des vaccins contre l'hépatite B?"

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 23:25

Le site Vactruth révèle le contenu d'un document de Merck stipulant que près de 19 millions de dollars ont été payés pour financer, les discours promotionnels de médecins américains au cours des 3° et 4° trimestres de l'année 2009. [1]

 

La firme Merck, fabricant mondial de vaccins, a prétexté "la transparence" pour publier pareil document mais n'a toujours pas rendu accessibles les données relatives aux périodes postérieures à cette date.

 

En fait, les firmes pharmaceutiques payent surtout les leaders d'opinion pour parler et focaliser sur "le problème"/ la maladie dans le but que le vaccin apparaisse après comme "la solution toute trouvée" et surtout très rassurante.

 

Ainsi, rien que pour la seconde moitié de 2009, il apparaît selon ce document de Merck que la firme a payé plus de 2 millions de dollars pour faire parler des médecins autour du rotavirus et du HPV, dans le but bien sûr d'assurer la promotion et la "sensibilisation" de la population à ses vaccins Gardasil et Rotateq.

 

Les exemples de conflits d'intérêts sont énormes, tout comme les enjeux financiers pour ces fabricants.

 

Citons par exemple le cas du Dr Julie Gerberding, ancienne directrice du Centre de Contrôle des Maladies (CDC) qui a préparé la voie pour l'octroi de l'autorisation de mise sur le marché du Gardasil, un vaccin qui a ainsi déjà rapporté des milliards de dollars à Merck, son futur employeur, au sein duquel elle dirige à présent la Division Vaccins.

 

Autre exemple, le tristement célèbre Dr Paul Offit qui a clamé partout dans les médias que "les vaccins sont sûrs". Celui-là même qui a osé déclarer que les enfants pourraient même théoriquement recevoir 10 000 vaccins à la fois (pour soi-disant expliquer, de façon fort peu convaincante par ailleurs, que les programmes de vaccination actuels ne surchargeaient pas le système immunitaire des enfants). Personne ne s'est cependant jamais intéressé aux royalties qu'il pouvait retirer des ventes de vaccins.

 

Le cas du Dr Wakefield mérite aussi d'être relevé. Car suite à sa mise en évidence d'un lien entre l'entérocolite autistique et le vaccin ROR, on a tenté de détruire sa réputation et on a même fini par le radier de l'Ordre des Médecins. Un site internet détaille cependant comment Merck s'occupe des médecins qui menacent leurs profits en matière de vaccins. Sur ce site, ils écrivent "Des preuves judiciaires, à présent disponibles à la bibliothèque de l' Université de Californie montrent que le géant pharmaceutique Merck a systématiquement ciblé des listes prioritaires de médecins à discréditer, neutraliser ou détruire en raison de leurs critiques sur l'efficacité ou la sécurité des médicaments de Merck... Un mémo stipule:

" nous pourrions avoir besoin de les couler et de les détruire là où ils vivent."

 

[1] Merck & Co., Inc., Disclosure of Payments to U.S. Speakers for Promotional (non-CME) Medical Education Activities conducted in 3Q and 4Q 2009.

http://www.merck.com/corporate-responsibility/docs/business-ethics-transparency/3Q09-Transparency-Report.pdf (Accessed 01/07/2012)

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9 janvier 2012 1 09 /01 /janvier /2012 21:16

Argentine: test illégaux sur enfants

 

AFP. 4/01/2012- Le Figaro

 

Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline devra payer une amende de 70 000 dollars pour des irrégularités commises pendant des tests de vaccins sur des enfants de familles pauvres en Argentine.


Des failles ont été détectées dans la procédure pour obtenir l'accord des centaines des familles de près de 14.000 enfants des provinces de San Juan et de Santiago del Estero (nord-ouest) et Mendoza (ouest), selon l'Administration nationale des médicaments (Anmat) qui avait décidé d'une amende.


"Nos enfants pauvres utilisés comme cobayes"


GlaxoSmithKline, qui voulait ainsi tester, en 2007 et 2008, des vaccins contre l'otite et la pneumonie, avait fait appel de la décision de l'Anmat, mais le juge Marcelo Aguinsky a confirmé l'amende, a déclaré mardi soir un porte-parole de son tribunal. Le laboratoire et deux médecins "n'ont pas respecté les conditions légales élémentaires pour réaliser ces tests sur près de 14.000 enfants", selon l'enquête réalisée par l'Anmat.


GlaxoSmithKline a annoncé dans un communiqué qu'il ferait de nouveau appel de cette nouvelle décision devant les autorités compétentes. Le vaccin a "été approuvé et il est en vigueur dans plus de 80 pays", dont l'Argentine, a reconnu l'Anmat, en soulignant que là n'était pas le problème.


"Les (personnes) coupables d'utiliser nos enfants pauvres comme des cobayes ne seront même pas traduits devant la justice", a dit à la presse la Fédération syndicale des professionnels de la santé d'Argentine (Fesprosa), déplorant un vide juridique sur cette question."

 

Une fois encore, on abuse des plus fragiles et les peines sont insignifiantes et non instructives pour ceux qui commettent ces crimes.

 

Une fois encore, tout est bon pour protéger la responsabilité du vaccin puisqu’on affirme que « là n’est pas le problème » et qu’on attribue ces décès « au placebo » comme l’a par exemple relayé le Washington Post.

 

Or si cela s’avérait VRAI et que les décès sont réellement survenus dans le groupe « placebo », cela démontrerait par a+b que ces placebos sont FAUX, qu’ils sont intrinsèquement toxiques et donc que l’évaluation de la sécurité des vaccins est biaisée d’une façon générale !

 

A moins bien sûr que ces journaux n’aient reçu un gros chèque pour relayer que cela provenait du « placebo » dans le but non surprenant de blanchir à tout prix cette vaccination, d’ores et déjà utilisée dans plus de 80 pays du monde ?

 

La question des pratiques illégales d’expérimentation sur enfants n’est pas neuve, pas plus que l’implication de la firme GSK dans plusieurs scandales précédents.

Citons notamment l’expérimentation illégale de cette firme sur des enfants en Irlande ou encore son implication dans l’immense scandale des enfants cobayes de New York, dénoncé notamment par la BBC Two, il y a à peine quelques années, dans son documentaire « Guinea Pig Kids ». Des enfants qui étaient retirés de leurs familles pour subir des expérimentations forcées et particulièrement cruelles pour tester de soi-disant médicaments miracles anti-sida, dont plusieurs étaient fabriqués par GSK. Et tout cela avec la complicité des autorités bien entendu !

 

Mais plus récemment encore, le journal Le Soir relayait les propos du PDG de cette même firme, Jean Stéphenne, qui expliquait que leur futur vaccin anti-malaria est testé sur des milliers de jeunes enfants et le sera aussi sur des enfants dès 6 semaines. Des enfants dont on devine qu’ils n’auront pas leur mot à dire et dont les familles seront très probablement soumises au même genre de forcing que l’ont été celles des pauvres enfants argentins dont plusieurs sont hélas décédés.

 

 Voir aussi:

 

"Cobayes humains en Argentine" sur les décès d'enfants après Synflorix...

 

ET "Retrait du vaccin Synflorix en catimini du marché belge... Pourquoi?"

 

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26 décembre 2011 1 26 /12 /décembre /2011 15:25

Une magnifique mise en lumière dans cet article de Marianne du 17 au 30 déc. 2011, intitulé "Quand Sanofi veille sur notre santé et... sur ses profits".

 

Bonne lecture et merci à ce genre de journalistes!

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 18:49

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Dans un ouvrage fort intéressant que nous a recommandé une de nos sympathisantes, nous avons pu découvrir un passage éclairant sur le fonctionnement concret du lobbying d'entreprises.

 

Ce livre mentionne (en p.184 & 185) l'exemple de la firme Smith Kline Beecham (à présent englobée dans le groupe GSK).

 

SmeethKline Beecham: fabricant de consensus

 

"Les gènes sont la monnaire du futur!"

 

George Poste, Directeur de Recherche chez SmithKline Beecham.

 

 

"Le géant pharmaceutique Smith Kline Beecham s'est montré l'un des plus agressifs défenseurs de la directive sur le brevetage, lançant sa propre campagne de pression, avant même la naissance d'EuropaBio. Selon son lobbyiste Simon Gentry, la compagnie a consacré 20 millions de livres sterling (près de 30 millions d'euros) à cette campagne. La firme a également très efficacement manipulé et instrumentalisé les groupements d'intérêts de malades, se doutant parfaitement qu'une telle cause défendue par de tels représentants influencerait plus sûrement les décideurs que celle de l'industrie. L'aide directe accordée à ces groupes et aux diverses organisations caritatives fit donc partie de la stratégie déployée. Ayant constaté, en outre, l'efficacité des groupes de pression écologiques lors du vote initial du Parlement en 1995, SmithKline Beecham engagea au poste de directeur des affaires politiques européennes l'ancien bras droit du président du Comité parlementaire pour l'Environnement. Ce qui lui ouvrit les portes du Parlement et lui permis d'avoir un aperçu des stratégies du mouvement écologiste.

 

Les groupements d'intérêts de malades.

 

Assurément, ce sont les malades eux-mêmes qui exercent le plus efficacement leur influence en faveur de la directive, faisant basculer les votes de nombreux députés européens au cours de ce qui fut décrit comme "la plus grande campagne de pression de l'histoire de l'Union européenne." Le jour du vote, en juillet 1997, s'adressant aux sentiments des députés, des personnes en chaise roulante manifestèrent à Strasbourg devant le siège du Parlement, clamant le slogan de l'industrie pharmaceutique: " Pas de brevets, pas de remèdes."

 

Sensibles à la prise de position forte et unie des groupements d'intérêts de malades en faveur du brevetage du vivant, les parlementaires votèrent dans ce sens. Une enquête plus approfondie révéla toutefois que ces manifestations ne reflètaient pas l'opinion de la majorité des groupements d'intérêts de malades et que cette minorité non silencieuse était, dans une large mesure, soutenue et financée par des compagnies pharmaceutiques telles que SmithKline Beecham. Les industriels avaient convaincu ces groupements qu'ils recherchaient activement des remèdes à leurs maladies, insistant sur l'importance primordiale d'une législation favorable au développement de médicaments si vitaux pour eux. En dressant un portrait de la situation dans lequel "le brevetage du vivant" apparaissait comme absolument nécessaire à la découverte "de remèdes à toutes les maladies connues", l'industrie joua finalement sur la corde sensible des députés."

 

[Source: Extrait du livre Europe Inc., ouvrage collectif de Belén Balanya, Ann Doherty, Olivier Hoedeman, Adam Ma' anit & Erik Wesselius, paru aux éditions Agone, en 2005.]

 

 

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25 novembre 2011 5 25 /11 /novembre /2011 16:26

Libération
jeu., 24 nov. 2011 14:52 CST

 

«Libération» diffuse l'enregistrement d'une réunion interne qui en dit long sur la vision décomplexée des conflits d'intérêt qui s'exprime encore au sein de certaines firmes pharmaceutiques.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La loi réformant le système de santé suite au scandale du Mediator, dont l'examen en seconde lecture a repris mardi soir à l'assemblée, prévoit que les labos seront obligés de déclarer les rémunérations qu'ils versent aux médecins.

Ce ne sera pas du luxe, vu la vision décomplexée des conflits d'intérêt qui s'exprime encore au sein de certaines firmes pharmaceutiques. C'est en tout cas ce qui ressort de l'enregistrement d'une réunion interne de MSD France (l'entité française de l'américain Merck), où le directeur médical du laboratoire évoque en souriant l'idée de payer les médecins trop critiques envers Merck avec «une valise de biftons», afin de créer un lien d'intérêt avec eux. Et d'empêcher ainsi qu'ils ne soient désignés par les autorités de santé pour évaluer les molécules du laboratoire.

Cette réunion s'est tenue le 23 juin au siège de Schering Plough France (racheté par Merck en 2009) à Courbevoie, en proche banlieue parisienne (1). Au menu: la prochaine évaluation de l'efficacité du Victrelis, nouveau traitement de Merck contre l'hépatite C, par la Haute autorité de santé (HAS). L'enjeu commercial est majeur, puisque l'appréciation de la HAS détermine le prix des médicaments et leur taux de remboursement par l'Assurance maladie.

Le 20 juin, trois jours avant la réunion, la HAS avait demandé, pour la première fois, à MSD, de fournir la liste des experts qu'il a rémunérés (en général des grands médecins hospitaliers), afin de ne pas les désigner pour évaluer le Victrelis.

L'enregistrement de la réunion montre que cette exigence de transparence et d'indépendance a du mal à passer au sein du labo. Le responsable des opérations cliniques ne comprend pas que les agences écartent les médecins rémunérés pour conduire les essais cliniques. «Ils vont avoir du mal à trouver des gens valables», dit un participant.

Un autre émet alors l'idée que les médecins favorables au labo ne soient plus rémunérés, afin qu'ils puissent être désignés comme experts par les agences en charge du médicament. «Là, c'est trop tard», répond le directeur médical. Vu les exigences de la HAS en matière d'indépendance, il lance alors, sur le ton de la plaisanterie, l'idée de neutraliser certains médecins en les rémunérant: «Il y a des mecs qui n'aiment vraiment pas Schering Plough et MSD, il faut aller les voir avec une valise de biftons et leur dire "écoutez on va signer un petit contrat tous les deux". Il y en a qui vont voir l'argent arriver, ils ne vont rien comprendre.»

Interrogé par Libération, le laboratoire relativise. «MSD réaffirme avec force son attachement a la totale transparence des liens avec les experts et regrette l'amalgame fait entre un possible mauvais trait d'humour et la position du groupe sur un sujet aussi important», indique une porte-parole.

Cette conversation est toutefois révélatrice de la manière, pour le moins problématique, dont certains laboratoires envisagent leur collaboration avec les médecins. Une culture que l'affaire du Mediator ne semble pas avoir suffi à amender.

(1) En France, la fusion entre MSD Chibret (Merck) et Schering Plough (SP) est juridiquement effective depuis le 1er juillet, mais ne s'est pas encore concrétisée sur le terrain. D'autant plus que la justice a gelé, le 17 novembre, le plan de suppressions d'emplois prévu par Merck. Il y a donc encore deux entités juridiques et deux sièges sociaux, même s'il y a un directeur médical unique pour MSD et SP.

 

Source: fr.sott.net

 

 

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