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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 00:04

Il n’est pas dans l’habitude de Politique de parler « santé ». Nous y avons certes consacré un dossier (« La meilleure médecine du monde ? », n°43 de février 2006), pour tenter d’expliquer les particularités du système de santé belge, dont beaucoup disent tant de bien.

 

Le danger, avec la santé, c’est de se laisser emporter sur la pente de la technicité scientifique, le vocabulaire du milieu médical, en particulier, et celui de la santé, en général, amassant généreusement les expressions indigestes sinon incompréhensibles (pour le non-initié).

 

Nous avons pourtant remis le couvert, car la « saga » de la grippe A/H1N1 – que le monde entier « connaît » désormais… sans nécessairement en comprendre la signification – présentait un triple intérêt.

 

D’abord parce que l’apparition de ce virus nous en dit beaucoup sur le fonctionnement du « politique », en particulier sur la manière qu’il a à communiquer à la population et à prendre des décisions, en l’occurrence en matière de santé publique

 

Ensuite, parce que la grippe A/H1N1 questionne la pertinence de l’« expertise », si souvent mise en avant en ce début de XXIe siècle. On verra ainsi, dans une enquête inédite, comment les conflits d’intérêts – notamment d’experts de santé belges ayant eu à gérer la grippe H1N1 – peuvent nuire au fonctionnement démocratique d’une société, et ce au profit d’individus et, surtout, de l’industrie pharmaceutique.

 

Enfin, parce que certains médias se sont emparés du « H1N1 » et se sont transformés, au fil du développement (de la disparition, dans les faits) de la maladie, en une sorte de caisse de résonance de nos peurs, non sans parfois en oublier leur statut d’observateurs critiques.

 

source: Politique

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 00:29

Cela semble une évidence quand on sait que Roselyne Bachelot, l'ex ministre de la santé française -à présent reconvertie en Ministre des Solidarités sous Fillon III- avait caché avoir travaillé pendant des années comme visiteuse médicale pour l'industrie pharmaceutique.

 

A présent, c'est la nouvelle secrétaire d'Etat à la Santé française, fraîchement nommée, une certaine Nora Berra qui est en cause.

 

Mme Berra, médecin de formation, a travaillé pour différents grands laboratoires pharmaceutiques (Boerhinger Ingelheim, Bristol Myers Squibb, Sanofi Pasteur selon l'association Act-up) entre 1999 et 2009 alors qu'elle travaillait en même temps dans le service d'immunologie clinique d'un hôpital lyonnais.

 

Plusieurs partis politiques français ont tiré la sonnette d'alarme.

 

"Médecin aux hospices civils de Lyon tout en étant médecin au sein de trois des principaux groupes pharmaceutiques, la nouvelle secrétaire d'État continuera de cultiver le conflit d'intérêt, qui reste la marque de fabrique des gouvernements de l'ère Sarkozy", écrit le Parti communiste dans un communiqué.

 

Le socialiste, médecin, Gérard Bapt a quant à lui demandé la démission immédiate de Mme Berra.

 

Mme Berra a toutefois indiqué, à l'aulne d'un Xième scandale médical qui commence à peine à être médiatisé, celui du Mediator -ce coupe-faim des laboratoires Servier- qu'il ne faisait aucun doute que ce produit était lié à un risque de valvulopathie, un trouble cardiaque sérieux qui peut nécessiter une intervention chirurgicale.

 

 

source: Le journal du dimanche (JDD)

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12 août 2010 4 12 /08 /août /2010 23:12

Rédaction en ligne

mercredi 11 août 2010, 20:56

 

L’OMS a révélé les noms des quinze experts de son comité d’urgence qui ont servi de conseillers durant toute la pandémie de grippe H1N1. Cinq d’entre-eux ont indiqué avoir eu des rapports avec des laboratoires pharmaceutiques.

 

 

L-OMS-et-ses-predictions-de-charlatan-.-copie-1.jpg

 

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a révélé mercredi les noms des quinze experts de son comité d’urgence qui ont servi de conseillers durant toute la pandémie de grippe H1N1, dont cinq ont collaboré étroitement avec des laboratoires durant leur carrière.

 

Accusée d’avoir subi l’influence des groupes pharmaceutiques dans sa gestion de la pandémie de grippe H1N1 qui a fait près de 18.500 morts dans le monde depuis avril 2009, l’OMS avait toujours assuré qu’elle publierait la liste secrète de ses conseillers spéciaux après la fin de la pandémie, annoncée mardi. Seul le nom du président du comité, l’Australien John Mackenzie, était jusqu’à présent connu.

 

La liste publiée mercredi révèle que ces experts sont pour la majorité des épidémiologistes originaires de tous les continents, du Chili aux Etats-Unis en passant par le Sénégal ou encore la Chine. Cinq d’entre-eux ont indiqué à l’OMS avoir eu des rapports avec des laboratoires pharmaceutiques, précise l’organisation à la fin de sa liste.

 

A commencer par l’Américaine Nancy Cox, du Centre de contrôle et de prévention des maladies (CDC) dont l’unité a reçu une aide de la Fédération internationale des producteurs et associations pharmaceutiques (IFPMA) pour des recherches sur des virus grippaux.

 

Le professeur américain Arnold Monto a pour sa part déclaré à l’OMS avoir fait des consultations sur les pandémies et grippes saisonnières pour les laboratoires britannique GlaxoSmithKline (GSK), suisses Novartis et Roche, américain Baxter ou encore français Sanofi. Il a également indiqué qu’il avait reçu une bourse de Sanofi pour des recherches cliniques en 2007-2008 liés à des vaccins de grippes.

 

Par ailleurs un autre expert britannique du comité, John Wood, a expliqué que son unité de l’Institut national sur les standards biologiques et les contrôles (NIBSC) avait effectué des recherches pour le groupe français Sanofi, l’IFPMA, Novartis et d’autres.

 

Le laboratoire de Maria Zambon, du Centre britannique de protection sanitaire pour les infections, a également reçu des soutiens de plusieurs fabricants de vaccins tels Sanofi, Novartis, Baxter et GSK.

 

Enfin le professeur britannique Neil Ferguson, un conseiller du comité, a travaillé comme consultant pour Roche et GSK jusqu’en 2007.

 

L’OMS a estimé que ces situations ne provoquaient pas « de conflits d’intérêts » avec le rôle joué par ces personnes auprès de l’organisation. L’agence onusienne a toujours fermement démenti que ces conseillers aient pu être influencés par les laboratoires pour la déclaration de la première pandémie grippale du siècle.

 

Alors que la maladie s’est avérée nettement moins dévastatrice que redouté, les groupes pharmaceutiques ont largement profité des commandes massives de vaccins et antiviraux des gouvernements, dont une grande majorité est restée inutilisée après de grandes campagnes de vaccination boudées par les populations.

 

(afp)

 

source: Le Soir

 

Pour consulter la liste des 15 experts, voir ICI.

 

 

Les commentaires qui se trouvent à la suite de cet article sur le site du Soir sont des plus encourageants, nous estimons important d'en reprendre plusieurs ci-dessous:

 

 

"30% déclaré, 70% non déclaré, bref, 100% à la solde du fric, et non de la population ... ça craint."

 

"Bourses,soutiens,consultants..." rien que de beaux mots non ? et en "Français populaire",ça donnerait quoi ? faut-il vraiment en parler ou est-ce encore un secret de polichinelle ? et dire que ces gens sont les "décideurs",là j ai comme une nausée (surtout concernant la santé) qui me vient subitement que..je vaque à mes occupations l esprit encore plein me réconfortant sur la véracité de mes petites idées supposées.Le pire,c est que ces gens seront encore là le coup suivant.Bizarre non ? "

 

 

"L'OMS a perdu toute crédibilté pour les citoyens. L'OMS n'est qu'un grand machin de plus à la solde des labos pharmaceutiques."

 

 

"Mais au début de la "pandémie", ceux qui n'y croyaient pas n'étaient que de vilains adeptes de la théorie du complot. Tss tss tss..."

 

"EN BELGIQUE En Belgique, on connaît au moins le nom de la personne qui a amené le gouvernement à signer un contrat aux termes proprement scandaleux avec une seule et unique firme pharmaceutique ! Merci d'ailleurs au Soir pour cette enquête comme il y en a bien trop peu (pour ne pas dire jamais) dans nos quotidiens ! "

 

 

"Ces institutions qui vendent le monde Je pense qu'aujourd'hui, la majorité des citoyens qui se posent les bonnes questions ont compris que les institutions pyramidales avec au sommet au réseau d'actionnaires, agissant généralement dans le secret, ne peuvent plus rien pour nous, si ce n'est nous soutirer plus d'argent. Est-ce le seul objectif dans la vie ? Pour la question des vaccins acheté, grâce à la complicité de Mme O., avec le denier public, cela devrait simplement nous inciter à remettre en cause l'imposition et la manière dont elle est utilisée par nos dirigeants qui font du grand n'importe quoi..."

 

 

" pom pom pom... C'est pas tout, c'est pas tout... Sir Roy Anderson ( GIVIS- OMS)donnent ses précieux conseils en ce qui concerne l'Influenza au gouvernement anglais. Mais il est aussi le consultant en chef et membre de la direction de GSK. Au niveau du SAGE, c'est pas mieux: Arnold Monto est lié à ViroPharma, MedImmune, GlaxoWellcome; Frederik Heyden est lié à GlaxoWellcome, SmithKlineBeecham, RWJohnson et Roche; Malik Peiris est lié à GSK, SanofiPasteur et Baxter; Peter Figuerora est lié à Merck; Juhani Eskola est lié à Novartis et GSK et Albert Ostenhuis possède deux firmes de biotechnologie qui travaillent sur les vaccins grippaux... Pom pom pom... Mais quand on disais ça, en novembre, "on" nous traitait d'infâmes sectaires anti- sciences. Pom pom pom..."

 

 

"Moi ce qui me révolte c'est que ces gens ont manipulé les opinions pour leurs intérêts en biaisant les infos, voire en mentant carrément. Que ce gens, puissent mentir de la sorte et s'en tirer sans que nous bougions est INCROYABLE. Aujourd'hui pour plein de trucs c'est pareil. On SAIT aujourd'hui que les EU et l'UK ont MENTI sur les ADM en Irak. et ces gens ne sont pas inquiétés. On SAIT aujourd'hui que des gens ont MENTI sur le h1n1 et ces gens ne sont pas inquiétés."

 

 

" Grâce à la mondialisation, tout cartel d'une taille certaine est capable de tondre ce qui reste de laine sur le dos des moutons qui ont perdu tout sens critique. Ré-apprenez à lire entre les lignes, à repérer à qui profite les "crises", quelles qu'elles soient. Et comme Saint Thomas, ne croyez que ce que vous voyez. Surtout pas ce que vous raconte les medium subventionnés ou au main de groupes industriels puissants."

 

 

Merci à tous ces citoyens actifs pour leurs contributions et la manifestation de leur opinion... elle reflète celle de centaines de milliers de Belges et de millions d'autres citoyens du Monde!

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1 juillet 2010 4 01 /07 /juillet /2010 22:10

Alors que nous avions fourni, BIEN A TEMPS, différents éléments à Mme Onkelinx sur:

 

- l'exagération évidente de la "pandémie"

- le peu de fiabilité d'une agence comme l'OMS

- les risques évidents d'un produit au développement et à l'évaluation bâclés

- les conflits d'intérêts manifestes

 

 

Voici que, quelques temps plus tard, après le rapport cinglant rendu par le Conseil de l'Europe, après la publication du contrat scandaleux qu'elle a signé avec GSK, la ministre belge de la santé ose sans rire affirmer dans son discours d'ouverture du 1° juillet 2010:

 

" La Gestion de la crise par l’Organisation Mondiale de la Santé fait aujourd’hui l’objet de nombre de critiques. Nous, Femmes et Hommes politiques qui, dans l’Union européenne comme ailleurs dans le monde, assumons des responsabilités considérables vis-à-vis de tous nos concitoyens, sommes en droit de réclamer la transparence complète sur tout ce qui s’est passé. Je vois cette exigence non comme un réquisitoire mais comme une opportunité à saisir pour que chaque Etat, l’Union européenne et l’OMS tirent ensemble les leçons et consolident un front commun qui permettra de mieux maîtriser une nouvelle pandémie éventuelle." (cfr l'ensemble du discours sur le site de Mme Onkelinx: http://www.laurette-onkelinx.be/ )

 

 

N'est-ce pas là une forme caractéristique d'hypocrisie? N'est-ce pas là une façon stratégique de tirer son épingle du jeu quand tous les évènements, toutes les preuves du scandale sont si accablants? Nous laisserons les lecteurs en juger...

 

Ce qui est d'ores et déjà certain en revanche c'est qu' en aucun cas une telle "réunion d'experts" ne permettra réellement de tirer la moindre leçon, bien au contraire.

 

A lire le programme d'un tel meeting en effet, on s'aperçoit d'emblée du degré d'arrogance qui peut être associé à une telle démarche:

 

- cet évènement est centré sur une "pandémie" qui n'a en réalité jamais existé (en tant que telle) comme l'a dénoncé le rapport du Conseil de l'Europe!

 

- le numéro 2 de l'OMS, le Dr Fukuda aura la parole alors qu'il n'est PLUS DU TOUT CREDIBLE ayant osé affirmer que la définition de pandémie de l'OMS n'avait pas été modifiée en dépit des preuves les plus accablantes, photos du site, publications et reportages TV à l'appui!

 

- Il y a minimum 3 scientifiques invités à cette "réunion d'experts" qui ont des liens avérés avec les industries pharmaceutiques concernées!

 

- un représentant de l'industrie pharmaceutique en Europe prendra la parole

 

- Il y est aussi question de "communication" et de "stratégies de communications" avec l'invitation notamment d'un représentant de Facebook qui parlera de l'intérêt d'utiliser ce réseau social pour toucher "un large public"...

 

 

 

Hélas, ayant été avertis trop tard d'une telle réunion, nous n'avons pas pu nous enregistrer à temps afin d'y assister. Mais nous avons fait part de la tenue de cet évènement à la presse, dès que nous en avons eu connaissance, avec l'espoir qu'elle puisse elle, y assister et relayer ce qui s'y sera dit le plus largement possible au public.

 

 

Car, soyez-en bien conscients, il ne s'agit nullement de "tirer des leçons" pour plus de démocratie et de protection de la santé. Il s'agit en fait uniquement de remplir deux objectifs, l'un immédiat qui est celui de tirer son épingle du jeu et donner ainsi faussement l'impression qu' "il n'y a rien à cacher" et l'autre, à plus long terme qui est de continuer à servir l'industrie pharmaceutique en tolérant qu'elle mette des vaccins sur le marché toujours plus vite, donc en prenant toujours plus de risques pour VOTRE santé comme en témoignent les titres d'exposés de différents scientifiques et même les propres propos de Mme Onkelinx (repris sur son site):

 

"Performing clinical trials in a short time frame" par le Pr Pierre Vandamme (université d'Anvers) = "Réaliser des essais cliniques endéans un court délai"

 

"Au niveau des institutions européennes, différents points positifs peuvent être mis en exergue. Je pense notamment :

 

  • à la mise en place de procédures rapides pour une autorisation centralisée des vaccins."  Laurette Onkelinx sur son site web (...)

 

 

Nous avons tous pu voir à quel point l'agence européenne du médicament (EMEA) avait lamentablement failli en larguant sur le marché des vaccins exprimentaux au développement bâclé. Nous savons que cette agence est financée à concurrence de 80% (!) par les industriels. Cette agence avait nié voire passé sous silence des faits d'une extrême gravité concernant la sécurité de ces vaccins H1N1 (l'EMEA a ainsi nié le lien entre les 7 morts sur les 2000 personnes de l'essai clinique pour le vaccin Pandemrix de GSK et l'injection du produit; elle a tout bonnement passé sous silence avec l'ECDC les cas d'anomalies foetales et de malformations survenues chez les bébés de rattes vaccinées avec un vaccin adjuvanté similaire au Pandemrix!!!).

 

Hélas, tout ceci n'a pas empêché la Ministre Onkelinx de dire "Une gestion européenne de la pandémie, j’y crois. Je pense que c’est la solution d’avenir."

 

Quelle solution en effet  !!

 

 

Car si, véritablement, comme Mme Onkelinx l'affirme, elle avait le souhait de " tirer rapidement les enseignements des actions que nous avons entreprises individuellement ou conjointement", n'aurait-elle  pas dû:

 

- inviter la Ministre de la santé polonaise, le Dr Ewa Kopacz qui a usé de son BON SENS pour ne pas succomber aux sirènes des lobbies et à cette FAUSSE "course à l'échalotte"? D'autant que si comme le dit Mme la ministre Onkelinx "on ne peut pas rester isolés au niveau national car le risque, il est le même pour tous les européens.", on peut se demander pourquoi rester sélectivement plus proches de pays comme la France ou la Suède plutôt que d'un pays comme la Pologne qui avait, lui aussi à coeur d'évaluer les VRAIS risques pour ses citoyens...

 

 

- essayer d'expliquer au public POURQUOI  les responsables du parti SOCIALISTE européen (de même que les responsables du PPE, parti de Nicolas Sarkozy, Roselyne Bachelot, etc) ont refusé la création d'une commission spéciale sur le H1N1 au sein du parlement européen alors que celle-ci était pourtant demandée par 210 eurodéputés (!!) et qu'elle visait justement à investiguer le rôle de l'agence européenne du médicament et tout le poids des lobbies dans ses décisions?

La vérité c'est que si vraiment ce processus  de transparence jugé  essentiel pour l’avenir aux yeux de personnes comme Mme Onkelinx, on comprend mal pourquoi elle n'a pas publiquement dénoncé le refus de son parti européen de créer une telle commission spéciale sur le H1N1....

 

- inviter des associations, des scientifiques entièrement INDEPENDANTS plutôt que de "prendre les mêmes et recommencer"? A ce sujet, le Conseil de l'Europe avait pourtant démontré qu'il était possible d'inviter des médecins lucides et de qualité (Dr Ewa Kopacz, Pr Marc Gentilini, Dr Tom Jefferson, etc)....

 

 

 

"On le voit une fois encore ici, de façon particulièrement flagrante, avec la teneur de cette "réunion d'experts": jamais l'arrogance ne se sera autant opposée au bon sens et les intérêts privés à la santé des citoyens! La vigilance reste donc plus que jamais de mise par le biais de la lucidité individuelle d'une part et par la dynamique de groupe d'autre part. Quant à la presse, elle a, à présent, une opportunité inouïe de renverser la vapeur et de continuer à tendre vers plus d'objectivité et d'équilibre entre les points de vue. La santé de tous, y compris celle des journalistes, en dépend."

 

Initiative Citoyenne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 22:13

 Avertissement : Attention, les passages qui suivent sont issus d'une traduction partielle ET qui ne prétend pas être une parfaite traduction littérale de tous les mots. Celle-ci étant avant tout destinée à donner une idée globale du message que cette publication du British Medical Journal a voulu faire passer -

 

Pour consulter l'intégralité de la publication originale (en anglais), cliquez ICI

 

Extraits des pages 2 et 3 du document ci-dessus :

 

" Le premier plan de préparation à la pandémie de l'OMS a été renforcé en 1999 compte tenu du risque et de l'incertitude qui y a été associée: "Il est impossible de prévoir quand une pandémie pourrait survenir. Si une vraie pandémie de virus influenza apparaissait comme celle de 1918, on devrait s'attendre à un nombre conséquent de malades et de décès malgré les progrès réalisés entretemps par la médecine."
 
On trouve dans les notes en petits caractères: "R Snacken, J Wood, L R Haaheim, A P Kendal, G J Ligthart, and D Lavanchy ont préparé ce document pour l'OMS, en collaboration avec le groupe scientifique européen travaillant sur l'influenza (=ESWI)"
  
Ce que ce document ne révèle pas c'est que l'ESWI est entièrement financé entièrement par Roche et d'autres fabricants de médicaments contre l'influenza; de même ce document ne révèle pas non plus que René Snaken et Daniel Lavanchy ont participé à des évènements sponsorisés par Roche l'année d'avant, selon les informations marketing consultées par le Bureau du BMJ.
 
Le Dr René Snaken travaillait pour le ministre belge de la santé publique lorsqu'il commentait des études relatives aux inhibiteurs de la neuraminidase pour une brochure promotionnelle de Roche. Et le Dr Lavanchy était employé de l'OMS quand il est apparu à un symposium organisé par Roche en 1998. Il travaillait à cette époque dans le département "Maladies virales" de l'OMS. Le Dr Lavanchy a refusé tout commentaire.
 
En 1999, l'ESWI intégrait encore d'autres membres comme les Professeurs Nicholson et Osterhaus. Ces deux scientifiques sont aussi identifiées dans les données marketing de Roche produites entre 1998 et 2000.
 
Le Pr Osterhaus a dit au British Medical Journal qu'il avait toujours été transparent à propos du moindre travail qu'il aurait pu réaliser en collaboration avec l'industrie. [...]
 
Les deux experts étaient aussi engagés dans une étude en double aveugle et randomisée sur l'oseltamivir financée par Roche. L'étude a dans la suite été publiée dans The Lancet en 2000.
Cela reste l'une des principales études défendant l'efficacité de l'osletamivir et par la suite, on a pu démontrer que cette étude avait impliqué des auteurs fantômes aux liens non déclarés avec l'industrie.
 
L'influence de l'ESWI devait se poursuivre tout au cours de la décennie au fur et à mesure que les alertes de pandémie devenaient de plus en plus insistantes. Créé en 1992 ce "groupe multidisciplinaire de leaders d'opinion-clés en matière d'influenza a pour but de combattre l'impact d'une épidémie et d'une pandémie de grippe" et affirme ses liens avec l'OMS, l'Institut Robert Koch et le centre européen de  contrôle des maladies. (ECDC) entre autres.
 
Malgré les affirmations de ce groupe qui se prétend scientifiquement indépendant, le fait qu'il est à 100% financé par l'industrie présente un risque de conflits d'intérêts. L'un des rôles de ce groupe est de faire du lobbying auprès des politiciens comme mis en évidence en 2009 dans un document interne.
 
Lors d'un atelier préparatoire prépandémique de l'ESWI en janvier dernier, le Pr Osterhaus a déclaré: " Je peux vous dire que l'ESWI s'occupe activement de convaincre les décideurs politiques. Nous avons des contacts avec des membres du parlement européen et avec des politiciens nationaux." [...]
 
Le plan d'action du groupe ESWI pour 2006-2010 montre très clairement que les représentants du gouvernement ont besoin de "prendre des mesures pour encourager l'industrie pharmaceutique a planifier sa capacité de production de vaccins et d'antiviraux bien à temps" et aussi "encourager et financer la recherche et le développement d'un vaccin pandémique" et de "développer une stratégie pour le stockage d'antiviraux".
 
Ce document a aussi précisé que les représentants du gouvernement avaient besoin de savoir que "la vaccination contre l'influenza et l'usage des antiviraux sont bénéfiques et sûrs." Le document disait que le groupe fournissait une "information et des preuves consistantes" de même que "la collaboration et l'échange avec d'autres acteurs-clé (c'est à dire avec l'industrie dans le but de fabriquer un vaccin pandémique et de conclure des contrats pour les antiviraux." [...]
 
Barbara Mintzes, professeur assistante en pharmacologie à l'université de Colombie Britannique et qui travaille aussi avec l'OMS a déclaré au Bureau du BMJ:
 
"Il est légitime que l'OMS travaille avec l'industrie à certains moments. Mais je serais inquiète au sujet de l'implication d'un groupe qui revendiquerait son indépendance académique alors qu'il est en fait principalement financé par l'industrie."
Et d'ajouter: que "l'institut de médecine s'inquiétait de la nécessité d'établir une imperméabilité vis-à -vis des groupes médicaux. Pour moi, cela ne ressemble pas à un groupe indépendant puisqu'il est principalement financé par les fabricants."
 
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4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 18:32
Le Bri­tish Me­di­cal Jour­nal et une com­mis­sion par­le­men­taire du Conseil de l'Eu­rope dé­noncent: les re­com­man­da­tions de l'OMS sur l'uti­li­sa­tion des an­ti­vi­raux ont été pré­pa­rées par des ex­perts ap­poin­tés comme consul­tants par les fa­bri­cants des an­ti­vi­raux, Roche et GlaxoS­mi­thK­line.
La ges­tion de l'épi­dé­mie de grippe H1N1 par l'Or­ga­ni­sa­tion mon­diale de la santé (OMS) a été cri­ti­quée avec vi­ru­lence ven­dre­di, à la fois par le Bri­tish Me­di­cal Jour­nal (BMJ) et par une com­mis­sion par­le­men­taire du Conseil de l'Eu­rope. Selon le BMJ, l'une des prin­ci­pales pu­bli­ca­tions du genre, l'ac­tion de l'OMS a été pro­fon­dé­ment en­ta­chée par le se­cret et les conflits d'in­té­rêts avec l'in­dus­trie phar­ma­ceu­tique.

"L'OMS doit main­te­nant agir pour ré­ta­blir sa cré­di­bi­li­té et l'Eu­rope de­vrait lé­gi­fé­rer" sur les conflits d'in­té­rêts, es­time le BMJ au terme d'une en­quête réa­li­sée avec le Bu­reau of In­ves­ti­ga­tive Jour­na­lism (BIJ) de Londres.

 

Sur l'avis de l'OMS, les gou­ver­ne­ments ont sto­cké de grandes quan­ti­tés de mé­di­ca­ments an­ti­vi­raux et ache­té pour plu­sieurs mil­liards de dol­lars de vac­cins. Une bonne par­tie de ces stocks sont res­tés in­uti­li­sés, la pan­dé­mie ayant été loin d'être aussi grave que des ex­perts l'avaient craint. Ce qui a ali­men­té la sus­pi­cion sur une in­fluence indue des com­pa­gnies phar­ma­ceu­tiques sur les dé­ci­sions de l'OMS.

 

D'après l'en­quête du BMJ, les re­com­man­da­tions de l'OMS sur l'uti­li­sa­tion  des an­ti­vi­raux ont été pré­pa­rées par des ex­perts ap­poin­tés comme consul­tants par les fa­bri­cants des an­ti­vi­raux, Roche et GlaxoS­mi­thK­line (GSK). La dé­cla­ra­tion of­fi­cielle de pan­dé­mie par l'OMS a de facto fait en­trer en vi­gueur les contrats d'achat de ces vac­cins, préa­la­ble­ment pas­sés avec les pro­duc­teurs.

 

Pour ré­ta­blir sa cré­di­bi­li­té, l'OMS de­vrait ré­vé­ler les noms des ex­perts de son Co­mi­té d'ur­gence ainsi que leurs éven­tuels conflits d'in­té­rêts avec l'in­dus­trie, es­time Fiona Go­dlee, ré­dac­trice en chef du BMJ, dans un édi­to­rial. L'OMS a re­fu­sé de les iden­ti­fier ar­guant qu'ils de­vaient être pro­té­gés des pres­sions com­mer­ciales. Le BMJ cite le nom de trois de ces ex­perts.

 

L'in­dé­pen­dance du Groupe de tra­vail scien­ti­fique eu­ro­péen sur la grippe (ESWI), fi­nan­cé en­tiè­re­ment par les la­bo­ra­toires, est de sur­croît mise en ques­tion par le jour­nal.

 

Les conclu­sions du Bri­tish Me­di­cal Jour­nal (BMJ) sont en grande par­tie cor­ro­bo­rées par un rap­port de la com­mis­sion santé de l'As­sem­blée par­le­men­taire du Conseil de l'Eu­rope adop­té ven­dre­di à Paris.

 

Selon ce rap­port pré­sen­té par un élu bri­tan­nique, Paul Flynn (so­cia­liste), "la gra­vi­té de la pan­dé­mie a été lar­ge­ment sur­es­ti­mée par l'OMS", et des "me­sures ex­ces­sives prises en ré­ponse à ce qui s'est avéré être une grippe d'in­ten­si­té mo­dé­rée". "Cette pan­dé­mie n'a ja­mais vrai­ment exis­té", a dé­cla­ré M. Flynn au mo­ment de la pré­sen­ta­tion du rap­port. M. Flynn a lui aussi re­le­vé "l'éven­tuelle in­fluence de cer­tains groupes phar­ma­ceu­tiques sur cer­taines dé­ci­sions clés" et se dit "in­quiet du manque de trans­pa­rence concer­nant l'iden­ti­té des ex­perts dont les re­com­man­da­tions ont eu un im­pact ma­jeur".

 

"Les in­for­ma­tions com­mu­ni­quées par plu­sieurs pays eu­ro­péens in­diquent que les gou­ver­ne­ments na­tio­naux ont subi des pres­sions pour ac­cé­lé­rer la conclu­sion de contrats ma­jeurs", en par­ti­cu­lier pour l'achat de vac­cins, ajoute-t-il.

 

La di­rec­trice de l'OMS Mar­ga­ret Chan a main­te­nu jeudi l'alerte pan­dé­mique sur la grippe H1N1, émise il y a près d'un an, sui­vant l'avis de son Co­mi­té d'ur­gence. La pan­dé­mie a fait en­vi­ron 18.​000 morts de ma­nière avé­rée dans le monde.

 

 

 

SOURCE: l'Echo

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 16:55
Grippe A H1N1: il faut poursuivre la surveillance et la prévention, selon les experts

 

VIENNE — La surveillance du virus grippal A H1N1 et la prévention de la population doivent se poursuivre, ont estimé des experts en maladies infectieuses réunis samedi en congrès à Vienne.

 

"La surveillance et la prévention sont les directions dans lesquelles nous devons aller à l'avenir", a déclaré Albert Osterhaus, professeur en virologie réputé de l'Université de Rotterdam (Pays-Bas).

 

"Le monde occidental était bien préparé, notre système de surveillance est bon, mais il y a des lacunes", a-t-il poursuivi, évoquant notamment les différences entre les stratégies de lutte contre le virus des 27 pays de l'Union européenne (UE).

 

Le virus H1N1 a été relativement peu virulent, mais "comment cela se serait-il passé si cela avait été la grippe aviaire (H5N1, beaucoup plus dangereuse)?", a demandé le Pr Osterhaus au cours d'une réunion d'information du Congrès européen de microbiologie clinique et des maladies infectieuses (ECCMID), qui rassemble 8.000 experts jusqu'à mardi à Vienne.

 

"Mon souci, c'est que maintenant qu'on a eu cette grippe plus légère, on oublie" les autres menaces telles que la grippe H5N1, a ajouté M. Osterhaus.

 

D'autant plus que, si l'Europe de l'Ouest est relativement bien protégée, le virus H1N1 est encore présent en Europe orientale, en Afrique de l'Ouest et dans certaines parties des Etats-Unis, et il reviendra probablement sous forme de grippe saisonnière, a-t-il averti.

 

Le vaccin contre la grippe A H1N1 s'est montré peu efficace face à la grippe saisonnière, a précisé le virologue.

 

"La prochaine étape est d'évaluer notre réaction face à la pandémie et d'en tirer les leçons" à la lueur de la menace du virus H5N1, a conclu le Pr Osterhaus.

 

Le virologue pointe notamment le délai d'élaboration d'un vaccin, d'environ six mois, ce qui en fait une réponse tardive: "Nous devons faire mieux à l'avenir", note-t-il.

 

Mais il souligne également l'importance des procédures de vérification avant mise sur le marché du vaccin, qui causent en partie ce délai: "Il y a environ 300.000 personnes qui ont reçu ce vaccin, et aucun effet secondaire inattendu n'a été rapporté", s'est félicité cet expert qui a été conseiller auprès de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour le vaccin contre la grippe H1N1.

 

Le Pr Osterhaus a également précisé que dans environ 250 cas, le virus H1N1 a montré une résistance au traitement, ce qui doit constituer un autre axe de recherche.

 

La grippe saisonnière qui suit une année de pandémie grippale est en général plus forte que les années précédentes car elle a été "renforcée par du nouveau matériel génétique", avertissent par ailleurs les experts de l'ECCMID, qui appellent à la "vigilance".

 

Selon les statistiques recueillies par l'OMS, 16.813 personnes dans le monde sont mortes après avoir contracté le virus H1N1 depuis son apparition en avril 2009.

 

A titre de comparaison, la grippe saisonnière tue entre 250.000 et 500.000 personnes chaque année, selon l'OMS.

Copyright © 2010 AFP

 

Avis d'Initiative CitoyenneIl est très regrettable que la presse ait encore été dérouler un tapis rouge complètement immérité à Albert Osterhaus, surtout expert en conflits d'intérêts. Quelqu'un qui ose prétendre à une absence d'effets secondaires sur 300 000 vaccinés alors que les chiffres officiels de l'EMEA elle-même (encore très sous-estimés!) font déjà état de plusieurs milliers d'effets secondaires graves! Quelqu'un qui manifeste une obsession plus que suspecte à l'égard du virus H5N1 (mais il faut dire qu'à Lyon, on fait tout son possible pour faire se réaliser ses prédictions catastrophistes!)....

 

Quelqu'un qui ose dire qu'à l'avenir les vaccins devront être préparés ENCORE PLUS VITE alors que tant de citoyens et d'experts ont déjà dénoncé avec le plus élémentaire bon sens les procédures expéditives de mise sur le marché de ces produits!

 

Nous pensons qu'à l'instar des avertissements imposés sur les paquets de cigarette comme quoi "ces produits tuent", la presse devrait s'astreindre à bien souligner à chaque fois qu'un pseudo expert parle qu'il s'agit de quelqu'un lié à l'industrie pharmaceutique et qu'en conséquence, son avis peut ne pas être favorable à la santé tant individuelle que collective.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 18:21

Vous pouvez télécharger cet article du journal Le Monde du 7 avril 2010 ICI

 

Dommage toutefois que Le Monde ne rappelle pas qu'il a AUSSI participé à cette "manipulation médiatique" incitant les gens à se faire vacciner avec ces produits expérimentaux....

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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 00:53

13.11.09 - 16:56


L'avocat Georges-Henri Beauthier, qui a assigné au nom de quatre femmes enceintes l'Etat belge en référé, soupçonne de partialité le Groupement des gynécologues obstétriciens de langue française de Belgique (GGOLFB) en raison de ses liens avec GlaxoSmithKline.


Le GGOLFB avait indiqué le 2 novembre qu'il recommandait aux femmes enceintes de se faire vacciner contre le virus A/H1N1. Or, "L'association, sur son site internet, ne cache absolument pas qu'elle est sponsorisée par GlaxoSmithKline, le producteur du vaccin adjuvanté", indique Me Beauthier dans la citation adressée au huissier. Le GGOLFB mentionne en effet sur des documents GlaxoSmithKline parmi ses sponsors. Le GGOLFB n'était pas joignable vendredi après-midi par téléphone.


Les quatre femmes enceintes à l'initiative de la citation demandent à pouvoir bénéficier de vaccins contre le virus A H1N1, ne contenant pas d'adjuvant. Elles estiment être en droit de pouvoir choisir le vaccin qui corresponde le mieux à leur situation.


En France, le Haut Conseil de Santé publique recommande préférentiellement la vaccination des femmes enceintes avec un vaccin sans adjuvant. Au Canada, le gouvernement a commandé des doses de vaccin sans adjuvant destinées aux femmes enceintes. En Suisse, l'agence des médicaments n'a pas avalisé l'usage du vaccin adjuvanté Pandemrix pour les femmes enceintes. L'affaire sera plaidée mercredi matin à Bruxelles.


Le tribunal de première instance de Bruxelles a déclaré irrecevable, lundi, la demande d'un collectif de citoyens de suspendre la campagne de vaccination contre la grippe H1N1. Ce collectif de citoyen a interjeté jeudi appel. L'audience est fixée au 19 novembre.

Belga

vu sur le site RTBF INFO

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:01

Editorial: Soleil de Californie sur les conflits d’intérêt

 

Minerva 2007; 6(5): 65-65 (voir sur leur site)


D’éventuels conflits d’intérêt des praticiens peuvent-ils influencer négativement les soins cliniques prodigués ? La notion de conflits d’intérêt couvre une longue liste d’interactions avec l‘industrie du médicament, de dispositifs médicaux ou d’équipements pour la recherche. Elle comprend, entres autres : cadeaux, même de relative faible importance, repas, paiements pour présence à des lectures ou à des conférences, y compris on line, formation médicale continue non payante pour les participants, paiement pour participation à des réunions, défraiements pour frais de voyage ou bourses d’étude pour participation à un congrès, paiement pour participation à un comité de conférence, mise à disposition de services d’écriture « par un nègre », fourniture d’échantillons pharmaceutiques, octroi de subsides de recherche, paiement de consultance.


En Belgique, la déclaration de conflits d’intérêt est loin d’être systématique et, de plus, son intérêt est souvent remis en cause. Les personnes interrogées à ce sujet déclarent souvent que leur jugement médical n‘est en rien influencé par des contacts ou des cadeaux, petits ou grands, sous quelque forme que ce soit. De nombreuses études ont pourtant montré l’influence de conflits d’intérêt, survenant quand des praticiens ont des motifs ou se trouvent dans des situations dans lesquelles de bons observateurs peuvent conclure que la rigueur morale de leur rôle de médecin est ou pourrait être compromise 1. Dans le cadre d’influences possibles de l’industrie, des conflits d’intérêt financiers surgissent quand le praticien est tenté de s’écarter de ses obligations professionnelles en raison d’un bénéfice personnel économique ou autre, et ce n’est certes pas l’importance du cadeau qui modifie le libre arbitre. De nombreuses études ont montré que le comportement d‘un individu n’était pas toujours rationnel, qu’un cadeau modifiait l’objectivité et influençait le choix, appelait à une réciprocité 1. Pour les praticiens notamment, leurs prescriptions étaient substantiellement plus importantes après des visites de délégués médicaux, après une participation à un symposium sponsorisé par une firme ou après acquisition d’échantillons. Une synthèse méthodique de la littérature 2 montre qu’une écrasante majorité de ces interactions produit des effets négatifs sur les soins cliniques. L’introduction de ce biais nuit à l’intégrité de jugement en situation, au respect des références en matière d’intégrité scientifique, mais surtout, in fine, aux intérêts du patient1.


Il est donc indispensable de témoigner d’une totale transparence des conflits d’intérêt potentiels.

 

La seule déclaration de conflits d’intérêt suffit-elle, cependant, à résoudre le problème (*) ? Des collaborateurs de Centres Académiques du monde médical 1 répondent que non, pour plusieurs motifs : la notion de conflits d’intérêt est fort variablement interprétée, les conflits d’intérêt ne sont pas souvent vérifiés, leur influence difficilement identifiable pour un non expert dans une matière. Ils estiment qu’il est plus facile de déclarer ces conflits puis de se comporter comme s’ils n’existaient pas, plutôt que de tenter de les éliminer. Ce problème est particulièrement crucial en milieu universitaire, nous l’avons déjà abordé dans l’édition néerlandophone de Minerva 3. Un exemple précis de tentative d’éviter, de modérer ou, si nécessaire, de gérer les conflits d’intérêt de l’ensemble du personnel d’une université, y compris les étudiants, par rapport aux firmes commercialisant des produits en rapport avec la santé, nous vient de Californie, de l’Université Stanford 4 et nous est rappelé par un éditorial de la Revue Prescrire 5. Les directives sont clairement fixées dans cet établissement. Elles mentionnent, entre autres, qu’aucune forme de cadeau personnel ne peut être accepté, dans toute circonstance. Des règles strictes sont précisées pour les activités formatives au niveau de la transparence des conflits d’intérêt, du choix des thèmes, du contenu des présentations. L’université prévoit également une formation pour les étudiants, résidents, stagiaires et personnel, sur les conflits d’intérêt. Cet apprentissage, débutant avant la vie professionnelle, lors de la formation, nous semble être un autre élément clé d’une saine gestion des conflits d’intérêt potentiels.

 

Nous rêvions déjà du soleil de Californie. S’il contribue aussi à mieux éclairer les conflits d’intérêt et leur gestion, nous rêverons encore davantage que ses rayons atteignent notre petit pays.


P. Chevalier, M. van Driel, M. De Meyere au nom de toute la rédaction

 

Références

 

1. Brennan TA, Rothman DJ, Blank L, et al. Health industry practices that create conflicts of interest: a policy proposal for academic medical centers. JAMA 2006;295:429-33.

 

2. Wazana A. Physicians and the pharmaceutical industry: is a gift ever just a gift? JAMA 2000;283:373-80.

 

3. De Meyere M. Is academische geneeskunde te koop? [Editoriaal]. Huisarts Nu (Minerva) 2000;29:264-5.

 

4. Stanford University School of Medicine. Policy and guidelines for interactions between the Stanford University School of Medicine, the Stanford Hospital and Clinics, and Lucile Packard Children’s Hospital with the pharmaceutical, biotech, medical device, and hospital and research equipment and supplies industries (“industry”).

http://med.stanford.edu/coi/siip/documents/siip_policy_aug06.pdf (consulté le 14 mars 2007).

 

5. Cadeaux des firmes: interdits à l’Université Stanford. Rev Prescr 2007;27:221-2.



(*) A ce sujet, nous rajoutons le très intéressant complément d'information suivant:
   

Dans l’édition du magazine Knack du 12 novembre 2008 et dans celle du Vif l’Express du 14 novembre 2008 on peut en effet lire la chose suivante au sujet des scientifiques qui composent le Conseil Supérieur de la Santé (CSS) : « Il ressort des documents que nous avons pu consulter que quatre des cinq membres qui a préparé l’avis du CSS sur le Gardasil et le Cervarix sont ou ont été consultants ou chercheurs rémunérés par Glaxo Smith Kline ou Sanofi Pasteur MSD. Pourtant, ils ont tous les cinq signé la déclaration de conflits d’intérêt exigé par le Conseil Supérieur de la Santé, une déclaration par laquelle ils affirment pouvoir agir en toute indépendance dans ce dossier. […]»

Toutefois, cela n'a pas empêché le Pr Patrick De Mol de l'Université de Liège d'affirmer lors de l'émission "Controverse" sur RTL le 18 octobre dernier  que "le CSS ce sont des scientifiques INDEPENDANTS" (!). Décidément, tout le monde n'a donc pas la même définition de l'indépendance....

 

 

 

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