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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 18:09
Des experts de l’Efsa sous influence ?

Olivier le Bussy

 

20/06/2011

 

Des experts chargés d’évaluer les risques de l’aspartame ont tu leur lien avec les milieux industriels. L’agence européenne “examine le dossier”.

 

Créée en 2002 et basée à Parme en Italie, l’Agence européenne pour la sécurité alimentaire (European food safety authority - Efsa) est l’objet de critiques récurrentes quant aux liens qu’entretiennent des membres de son conseil d’administration et certains de ses conseillers scientifiques avec les milieux de l’industrie agro-alimentaire.

 

L’Efsa est ainsi fréquemment soupçonnée, sinon accusée, d’être noyautée par les producteurs d’organismes génétiquement modifiés : elle n’a jamais rendu un avis défavorable pour la vente ou la mise en culture d’un OGM une sur le territoire de l’UE.

 

L’étude publiée cette semaine par le Corporate Europe Observatory (CEO), ne contribuera pas à restaurer cette image passablement brouillée. La Néerlandaise Nina Holland et le Belge David Leloup, auteurs de l’étude, ont ciblé le panel d’experts chargés de rendre des avis scientifiques sur les additifs alimentaires (exhausteurs de goût, édulcorants, colorants ) et les sources de nutriments ajoutées aux aliments (ANS). Un panel dont plusieurs décisions ont suscité la controverse. En janvier dernier, la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire du Parlement européen (Envi), avait demandé à l’Efsa de revoir l’évaluation - faite par le panel ANS - des risques pour la santé que présente l’aspartame, l’édulcorant le plus utilisé au monde, (entre autres pour les sodas "sans sucre"). Deux autres études, l’une danoise, l’autre italienne, mettaient en effet l’accent sur le potentiel cancérigène de l’aspartame et son rôle dans le déclenchement d’accouchement prématuré. Le 28 février, le panel déclarait qu’il ne "voyait pas de raison de reconsidérer ses évaluations de sécurité sur l’aspartame ou d’autres édulcorants autorisés dans l’Union européenne". La Commission a cependant demandé à l’Efsa de réaliser une évaluation complète des risques liés à cette substance d’ici juillet 2012.

 

Car des doutes existent sur le fait que l’Efsa n’a pas consacré beaucoup de temps à réévaluer son opinion sur l’aspartame, quant à la dose journalière admise pour un individu. Or, sur ce dossier et d’autres, l’impartialité des experts du panel est mise en cause par CEO. L’étude indique que 11 des 20 experts du panel ANS se trouvent dans une situation de conflits d’intérêts, en raison de leur proximité avec l’industrie agroalimentaire. Est notamment épinglée la vice-présidente du panel, Ivonne Rietjens, qui mena pour Nestlé des études sur des additifs alimentaires, en 2005. De même que le Belge Paul Tobback, professeur à la KULeuven et membre du comité scientifique de la Fevia, le lobby belge de l’industrie alimentaire.

 

Contactée par "La Libre", l’Efsa tient à préciser que les experts dont elle utilise les compétences "sont tenus de remettre, annuellement, une déclaration d’intérêts". En fonction du contenu de cette déclaration (publiée sur le site de l’Efsa), l’agence décide d’utiliser, ou non, leurs services. En 2010, plus de 350 experts ont ainsi été tenu, totalement ou partiellement, à l’écart des activités de l’Efsa, affirme l’agence.

 

Encore faut-il que la déclaration d’intérêts soit complète. CEO pointe le fait que quatre membres du panel, le Danois John Christian Larsen (président) et le Néerlandais Speijers (rapporteur), l’Irlandaise Iona Pratt et l’Autrichien Jürgen Köning ont omis de mentionner dans leur déclaration leur collaboration active avec l’International life sciences institute (Ilsi).

 

Ce n’est pas la première fois qu’il est fait état de lien entre Ilsi et l’Efsa. En septembre 2010, l’eurodéputé français José Bové (Verts), avait révélé que la présidente du CA de l’agence, la Hongroise Diana Bati, avait été membre du comité des directeurs de la branche européenne de l’Ilsi. Or, cet institut est financé par des acteurs de l’industrie, notamment, alimentaire (mais aussi du tabac), dont il reprend les données dans ses études.

 

"L’Efsa a connaissance d’un intérêt omis dans une déclaration d’intérêts", confirme-t-elle à "La Libre". L’agence "vérifie les raisons pour lesquelles cette omission a pu se produire et elle considère avec attention l’intérêt en question" - l’Efsa maintient la distinction entre "intérêts" et "conflits d’intérêts", jugée artificielle par CEO.

 

Dont l’étude insiste sur le fait que l’Efsa doit revoir son règlement en matière de conflits d’intérêts, comme l’a fait l’agence européenne pour l’évaluation des médicaments. "Si ces mêmes règles étaient appliquées par l’Efsa, quatre des experts d’ANS seraient disqualifiés d’intégrer le panel", avance CEO. L’Efsa lancera prochainement une consultation publique sur "une politique intégrée en matière d’indépendance et de processus décisionnels scientifiques". Bien que l’Efsa soit indépendante, la Commission européenne a un rôle à jouer dans son fonctionnement, notamment "dans la composition du Conseil d’administration", rappelle Nina Holland et de sa bonne gouvernance. Les États membres (en 2008) et les eurodéputés ont d’ailleurs réclamé que l’exécutif européen entreprenne une réforme du fonctionnement de l’Efsa. Le chantier est ouvert, mais toujours en cours.

 

Source: La Libre

 

 

Les conflits d’intérêts, on le voit, gangrènent véritablement tous les secteurs. Ils ne sont pas du tout le propre des vaccinations, loin s’en faut. Ils sont la marque d’une société entièrement organisée autour du profit à tout prix, une valeur dépassant de loin celle des vies humaines ainsi mises en danger et dont les victimes seront classées parmi les « dégâts collatéraux ».

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 23:31

Pour bien comprendre l'histoire, il est préférable de lire la publication des Prs Van Damme, Van Ranst et du Dr Marleen Finoulst (article "Hou mazelen streng in de gaten", au sujet de la rougeole notamment), paru dans le Standaard du 24 juin 2011.

 

Voici la réponse d'Initiative Citoyenne, envoyée à la rédaction en chef ainsi qu'à d'autres journalistes néérlandophones également (réponse qui leur a bien sûr été communiquée en néérlandais, cfr version néérlandaise ICI)

 

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23 juin 2011 4 23 /06 /juin /2011 19:05

Le Canard Enchaîné du 22 juin dernier révélait des informations fort intéressantes sur le peu de confiance que les citoyens doivent encore accorder aux politiciens.

Malgré ce que des ministres peuvent affirmer "la main sur le coeur", il y a véritablement lieu de ne plus faire confiance à priori. Une présomption de mensonges (plutôt qu'une présomption de bonne foi) serait peut-être bien profitable aux citoyens, surtout dans un domaine comme celui de la santé où les choix pris peuvent souvent entraîner des conséquences irréversibles...

 

 

Canard-22-juin-2011-1-.jpg

 

 

 

Canard-22-juin-2011-2-.jpg 

 

 

 

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 14:52

Le KCE, le centre fédéral d'expertise des soins de santé rendait, rappelez-vous, un rapport plus que tranché sur l'homéopathie le 24 mai dernier. Un rapport pour le moins étrange (c'est un euphémisme), comme nous nous en étions expliqué dans un communiqué de presse spécial.

 

Dans les médias, ce rapport était relayé comme le fruit d'un collège d'experts indépendants.

 

Dans une interview de 2009, on pouvait, en effet, lire les propos de l'actuel directeur de l'institution, Raf Mertens, qui disait notamment que : «Le KCE doit continuer ce qu’il fait très bien maintenant : effectuer des études scientifiques en toute indépendance et objectivité. Notre défi  est de maintenir une qualité de haut niveau. Nous devons être sévère avec notre propre fonctionnement, tout comme nous le sommes avec les études que nous évaluons dans le cadre de nos recherches».  


Il semble hélas toutefois que cette "indépendance" puisse être à géométrie variable en fonction des enjeux économiques (bien plus que sanitaires).

 

C'est en tout cas la triste conclusion à laquelle nous sommes obligés d'arriver quand on sait que, moins d'une semaine après avoir rendu son rapport sur l'homéopathie, le même KCE rendait son avis sur le rapport coût/efficacité des nouveaux vaccins contre le pneumocoque dans un document où la rubrique "conflits d'intérêts" était étonnament fournie...

 

Alors que l'enjeu financier de tels avis est considérable pour des producteurs comme Wyeth (Prevnar 13, nouvelle version du Prevnar 7) et pour GSK (Synflorix), voici ce qu'on pouvait lire en page 3,4 et 5 de ce rapport, à la rubrique "conflits d'intérêt":

 

"Willy Peetermans a reçu des fonds pour la conduite de recherches ainsi que des indemnités de voyage pour participer à des congrès.

 

Béatrice Swennen a reçu une rémunération pour une communication, un subside de formation, une prise en charge de frais de voyage ou un paiement à l’occasion d’une participation à un symposium.

 

Yves Van Laethem a reçu des fonds pour la conduite de recherches ainsi que des honoraires de consultation de la part des firmes pharmaceutiques GSK et Wyeth/Pfizer. Il a en outre reçu des indemnités de voyage pour participer à des congrès.

 

Iris Deschutter a reçu des fonds pour la conduite de recherches ainsi que des indemnités de voyage pour participer à des congrès de la part de GSK et Wyeth/Pfizer.

 

David Tuerlinckx a reçu des honoraires de consultation ainsi que des indemnités de voyage pour participer à des congrès de la part de GSK et Wyeth/Pfizer.

 

Anne Vergison a reçu des honoraires de consultation et d’orateur de GSK et Wyeth/Pfizer, ainsi que des fonds pour la conduite de recherches.

 

Jan Verhaegen est membre des comités consultatifs de Pfizer et GSK et a reçu des indemnités de voyage de ces firmes afin de participer à des symposium.

 

Martine Sabbe a été consultante externe non-rémunérée pour le comité consultatif de Wyeth/Pfizer au sujet de l’étude « Pneumococcal vaccination in the elderly population” in 2009.

 

Pierre Van Damme a agi en tant que dirigeant et investigateur principal d’essais cliniques sur les vaccins pour l’Université d’Anvers."

 

9 personnes qui ont donc un lien (ou plusieurs) d'intérêt!!! N'est-ce pas un peu beaucoup pour une institution donc le directeur prétend qu'elle opère "en toute objectivité et en toute indépendance"??



Comme on pouvait s'en douter, le rapport n'est pas défavorable aux producteurs des vaccins puisqu'il dit que les nouvelles versions apporteront une plus-value par rapport à  l'ancienne (laver plus blanc que blanc) et pour tenter sans doute de ne pas "faire de jaloux" entre les fabricants, le rapport conclut que ce qui sera déterminant, ce sera le prix que chaque producteur proposera.

 

Le KCE a une influence conséquente avec ses avis parce que ceux-ci font partie intégrante du "parapluie politique" des décideurs. Ceux-ci, complètement ignorants dans ces secteurs peuvent ainsi prétendre à leur aise qu'ils se sont basés sur "l'avis d'experts".

Ce que le citoyen sait en revanche moins, c'est que ces experts ne sont pas forcément sans lien avec les fabricants et qu'ainsi, même si de temps à autres certains avis pourraient faire croire à l'indépendance d'une telle institution, il y a véritablement peu de chances que des avis défavorables soient émis au sujet de ce qu'on appelle des vaccins "blockbusters" c'est à dire des vaccins à grand succès commercial potentiel ("des vaccins jackpots") comme c'est le cas du Prevnar, classé n°1 dans les "vaccins leaders" dans un document de l'industrie elle-même.

 

Etant donné la médiatisation de divers conflits d'intérêts au cours de la saga du H1N1, ce sujet est devenu beaucoup plus prégnant et la population a pu se rendre compte que cette gangrène existait bien au-delà du seul cénacle des protagonistes de la grippe A.

Diverses personnes se sont alors exprimées dans les médias, se disant partisanes d'une "transparence" qui n'efface toutefois en rien les conséquences dramatiques de tels conflits d'intérêts. En somme, ces affirmations et ces fausses garanties démocratiques n'avaient pour seul but que de poursuivre comme avant, comme si de rien n'était. Circulez, y a rien à voir...

 

L'attitude actuelle est donc de déclarer les conflits d'intérêts et puis de faire comme s'ils n'existaient pas. En gros, on s'affiche sans complexe puisqu'on sait qu'il n'y aura jamais aucune sanction.

 

Historiquement parlant toutefois, il n'en a pas toujours été de même puisque l'attitude du même KCE était quelque peu différente il y a 5 ans. En 2006 en effet, la même institution rendait aussi un rapport sur "Les effets et coûts de la vaccination des enfants Belges au moyen du vaccin conjugué antipneumococcique." (càd le Prevnar 7, ancienne version, de la firme Wyeth).

 

Etrangement, à la rubrique "conflits d'intérêt", il était écrit "AUCUN déclaré" alors que, parmi les auteurs principaux du rapport se trouvait le Pr Pierre Van Damme (Université d'Anvers) qui, selon les recherches du journaliste indépendant David Leloup recevait des financements des fabricants de vaccins pour son unité depuis au moins 2003.

 

Visiblement, le document en question n'est plus acessible sur le site du KCE mais, qu'à cela ne tienne. Voici une preuve du document litigieux:

 

 

RAPPORT-KCE-2006.jpg

 

 

En outre, il convient de signaler que dans les remerciements, en fin dudit rapport (de 2006), il est fait mention du Pr Claire-Anne Siegrist dont le peu d'indépendance est mondialement connue puisqu'elle dirige la chaire de vaccinologie de l'Université de Genève, financée par la fondation Mérieux (liée à Sanofi Pasteur) et qu'elle est aussi liée à d'autres fabricants, comme GSK par exemple. Toutefois, alors qu' une étude parue le 19 nov. 2007 dans Pediatrics faisait état de ces liens d'intérêts, on peut soupçonner un double langage ou un certain malaise chez Mme Siegrist dont la page Medpedia indique, qu'elle n'a rien (aucun conflit d'intérêts) à signaler.("nothing to disclose").  

 

Le KCE a donc rendu son avis, les politiciens ont suivi puis le corps médical a docilement relayé et Monsieur ou Madame tout le monde a le plus souvent fait vacciner leurs enfants "parce que leur médecin traitant le leur a conseillé". Comme tout est bien huilé!

 

Hélas, le vaccin Prevnar a entraîné plusieurs effets graves et plusieurs décès, en France notamment. En aperçoit toutefois assez mal comment tous ces effets graves auraient miraculeusement épargné la Belgique, où ce vaccin a été massivement utilisé depuis lors....

 

Mais, fort opportunément, on peut voir sur le site du KCE, au pied de leur site, en tout petit, une inscription qui en dit long sur la perversité du système. Il est écrit "clause de non responsabilité". En cliquant dessus, on peut notamment lire que:

 

"Tous les documents présentés sur ce site ont uniquement une valeur informative et ne peuvent donc être considérés comme des documents pouvant engager la responsabilité du KCE. [...]Les informations communiquées sur ce site n'engagent pas la responsabilité du Centre fédéral d'expertise des soins de santé . Bien que notre objectif soit de diffuser des informations actualisées et exactes, nous ne pouvons en garantir le résultat et nous nous efforcerons de corriger les erreurs qui nous seront signalées.[...]"

 

Quand des enfants meurent ou tombent malades à jamais des suites de telles vaccinations ainsi promues et encouragées par les autorités, on voit toutefois assez mal comment le KCE pourrait de quelque façon "réparer" ou "corriger" ce genre "d'erreurs".

 

Voir aussi: Les documents confidentiels accablants sur le Prevenar 13

 

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 13:47

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A paraître le 25 mai 2011
lundi 11 avril 2011 par Marc Girard
 
Sang contaminé, hormone de croissance, Distilbène, cérivastatine, Vioxx, Acomplia, Avandia, Di-Antalvic, vaccins contre l’hépatite B, la grippe ou le cancer de l’utérus : les gens n’en peuvent plus de constater que rien ne change malgré l’accumulation des scandales pharmaceutiques, et qu’en plus, tout semble s’aggraver dans une ambiance révoltante d’impunité.

 

Il s’agit donc de dire aux citoyens qu’ils ont raison d’être inquiets, de leur montrer que les réformes qu’on leur propose n’ont d’autre objectif que d’aggraver les conditions qui ont rendu possibles tous ces scandales, de les convaincre enfin qu’ils n’ont aucun motif sérieux de retrouver la confiance. Bref : de leur donner des éléments de fait suffisants pour inspirer leur protestation et alimenter leur résistance.

 

On partira le plus souvent d’expériences concrètes dont l’interprétation saute déjà aux yeux du plus profane, pour en tirer matière à une réflexion plus abstraite, tout en essayant de caractériser le rôle des principaux acteurs à l’œuvre : les médecins, les experts, les journalistes, les fabricants [1]...

 

Introduction

S’assumant comme politique, la réflexion de mon précédent livre [2] s’était d’emblée référée au climat de méfiance à l’égard des autorités tel qu’il s’était cristallisé après que les Français eurent été froidement bafoués dans leur volonté pourtant démocratiquement exprimée à l’occasion du référendum sur la Constitution européenne. Qu’il me soit permis de dire comme je suis fier d’avoir contribué à cette magnifique expression de défiance citoyenne qu’a représentée, ensuite, le lamentable ratage de l’indécente campagne vaccinale anti-H1N1 – escroquerie dans laquelle les institutions européennes ont si bien joué leur rôle au service des lobbies.

 

Les choses évoluant plus vite que ne le croient nos politiques, le climat dans lequel j’entends placer ce nouvel ouvrage sera celui de l’exaspération : les gens n’en peuvent plus de constater non seulement que rien ne change malgré l’accumulation des scandales, mais encore que tout semble s’aggraver dans une ambiance révoltante d’impunité. Le hasard fait que, écrivant ces lignes, je suis en train de lire l’ouvrage récent de l’économiste Jacques Généreux, La grande régression [3] : je pourrais reprendre presque mot pour mot le propos de son premier chapitre – notamment lorsqu’il dénonce la « pétrification » des esprits qui réduit à l’impuissance la critique du système malgré l’évidence de ses tares et la flagrance de ses échecs.

 

Les déterminants généraux évoqués par J. Généreux s’appliquent évidemment au cas particulier des industries de santé. Citons sans esprit d’exhaustivité : la recherche d’une rentabilité maximale sans aucun souci de l’avenir, le remplacement d’une éthique professionnelle par une réglementation qui nourrit sa profusion tentaculaire de ses constants échecs, la privatisation de l’État (via une mainmise de fait sur l’assurance-maladie et l’administration sanitaire), « la colonisation des esprits » par l’exploitation intéressée des dérives morales contemporaines – à savoir l’obsession de jouissance à court terme et le rejet narcissique de toute limitation (à commencer par celles du corps) et de toute contrainte (à commencer par celles du transgénérationnel, du vieillissement et de la mort).

 

Ce nonobstant, les choses avancent… L’année suivant celle de la supercherie pandémique, la campagne contre la grippe saisonnière a débouché sur un nouvel échec, prenant au dépourvu les autorités sanitaires qui n’avaient manifestement pas anticipé que les citoyens ne sont pas aussi bêtes, ni oublieux, qu’elles l’imaginaient. C’est l’explication la plus claire de cette affaire Médiator où, à l’occasion d’un scandale minuscule toutes choses égales par ailleurs, on organise une grande cérémonie incantatoire et expiatoire visant à faire accroire aux gens qu’on les a reçus cinq sur cinq, qu’on va voir ce qu’on va voir et qu’ils peuvent se rendormir : il faudrait comprendre que, avant longtemps, on aura fait place nette pour qu’ils puissent retrouver la confiance dans un système entièrement remis à neuf et retourner, comme s’il ne s’était rien passé, dans le giron des « experts » et autres bienfaiteurs de l’humanité qui n’ont d’autre souci que la santé de leur prochain…

 

C’est précisément pour contribuer à l’échec de cette mystification que le présent livre a été conçu : dire aux citoyens qu’ils ont raison d’être inquiets, leur montrer que la réponse qu’on leur propose aux scandales qui les révulsent ne vise rien d’autre que l’aggravation des conditions qui ont conduit à la situation présente, les convaincre enfin qu’ils n’ont aucun motif sérieux de retrouver la confiance. Bref : leur donner des éléments de fait suffisants pour inspirer leur protestation et alimenter leur résistance. Le propos est certes inscrit dans l’actualité française, mais il s’est fixé une généralité suffisante pour être utile ailleurs que dans notre pays : mondialisation oblige…

 

Quoique ma précédente contribution – focalisée sur la colonisation des esprits (les fausses alertes de santé publique), la corruption du monde expertal et les perversions du principe de précaution – reste utilisable pour comprendre les scandales actuels, le point de vue adopté dans le présent ouvrage est un peu différent, et moins abstrait : on partira le plus souvent d’expériences concrètes dont l’interprétation saute déjà aux yeux du plus profane, pour en tirer matière à une réflexion plus globale, tout en essayant de caractériser le rôle des différents acteurs à l’œuvre (les médecins, les experts, les journalistes, les fabricants…).

L’exigence méthodologique reste la même, ce nonobstant : référencement, impersonnalité, théorisation.

  • Le référencement, c’est la justification transparente des sources (de telle sorte qu’idéalement, le lecteur puisse s’y reporter), de leur validité (certaines études sont clairement falsifiées), de leur pertinence (c’est un vieux truc du marketing pharmaceutique que de légitimer les allégations les plus folles par des références dont il apparaît, quand on se donne la peine d’aller les vérifier, qu’elles n’ont rien à voir [4]), ainsi que la hiérarchisation de leur crédibilité (certaines revues sont plus crédibles que d’autres [5], certains auteurs ont une compétence plus documentable que d’autres, certaines méthodes sont plus fiables que d’autres). A ce sujet, notons que qualifier autoritairement une source de « scientifique » ou affubler son auteur d’un titre ronflant de « Professeur » (éventuellement « grand » ou « bien connu »), ce n’est pas à proprement parler ce que j’entends par validation…
  • L’impersonnalité n’empêche pas l’évocation d’expériences personnelles, mais à la condition qu’elles soient suffisamment exemplaires pour alimenter une réflexion générale propre à inspirer les autres expériences individuelles.
  • La théorisation, ce n’est pas l’extrapolation égocentrique : tel médicament m’a rendu malade, donc il est toxique ; ma copine (ma mère/ ma sœur) s’est fait diagnostiquer un cancer du sein à la mammographie, donc la mammographie est bien utile (quoi qu’en disent des cons comme qui vous savez…). Ce n’est pas non plus le verbiage fumeux dont Sokal et Bricmont ont fourni une délicieuse réfutation [6]. C’est un effort d’abstraction qui cherche à découvrir, par delà le cas particulier, la ou les lois qui éclaireront d’autres cas particuliers – ou, le cas échéant, d’autres expériences individuelles : c’est, par excellence, un principe d’impersonnalité.

 

J’ai souvent soutenu que je ne croyais pas à l’efficacité politique d’une critique se limitant à la faute des autres et que, relativement à des problèmes aussi intriqués que ceux dont nous parlons, il fallait commencer par balayer devant sa propre porte. Cette position, dont je n’ai jamais varié, appelle quelques mots d’explication eu égard au ton plutôt vif des pages qui suivent. Qu’on me permette, en effet, de rappeler que je suis médecin (chap. 1) et que je me suis toujours assumé tant comme expert [7] (chap. 2) que comme professionnel de l’industrie pharmaceutique (chap. 4) ; quant au journalisme (chap. 3), si je n’ai jamais eu ma carte de presse, je pense l’avoir pratiqué au moins autant que d’autres qui s’abritent derrière cette fonction pour justifier leur prétention à intervenir dans le débat public. Il en résulte que le présent livre mérite d’abord d’être considéré comme réflexion autocritique sur trente ans d’activité multiforme.

 

La crise sociétale qui justifie ce livre se solde entre autres par une atroce paupérisation des gens. C’est la raison pour laquelle j’ai souhaité que, dans la mesure du possible, le prix d’achat de cet ouvrage ne soit pas un obstacle à son acquisition. Il en résulte logiquement des limites de volume qui me contraignent à aller rapidement à ce qui me semble essentiel, tout en sacrifiant certains développements. On pourra me le reprocher. Mais, outre que – tant que la Providence me prête vie – je n’ai pas dit mon dernier mot, je cherche, dans ce travail, à disséminer des éléments significatifs généralement occultés du débat, en les reliant par le fil conducteur d’une pensée cohérente et en restant extrêmement vigilant relativement au risque de récupération.

Table des matières

Chap. 1 - Les médecins

  • Dérive vers le préventif
  • Information médicale
  • Sens des sources
  • « Le roman de la médecine »

Chap. 2 - Les experts

  • Conflits d’intérêts
  • Rôle des décideurs
  • Impunité et inamovibilité
  • Incompétence
  • L’illusion du processus collégial
  • Erreur et obstination

Chap. 3 - Les journalistes

  • Déontologie
  • Formation intellectuelle
  • Vérification des sources
  • Conflits d’intérêts

Chap. 4 - Les fabricants

  • Un monde méconnu
  • Inflation réglementaire
  • Innovation
  • Un business insolent
  • Associations de patients
  • Risque zéro

 

Conclusion

 

[1] Prix public : 9€. Il est d’ores et déjà possible de commander ce livre sur le site Amazon.fr.

[2] Marc Girard, Alertes grippales – Comprendre et choisir, Escalquens, Dangles, 2009.

[3] Paris, Le Seuil, 2010.

[4] Pilar Villanueva et coll., « Accuracy of pharmaceutical advertisements in medical journals », The Lancet, 2003, 361, pp. 27-32.

[5] Même si Internet, indubitablement, est en train de faire bouger les frontières relativement à cette hiérarchisation des supports – et l’on commence à voir des scientifiques parmi les meilleurs qui ne publient que sur la toile : il est encore trop tôt pour dire si les conséquences de cette révolution seront, ou non, favorables à la culture en général et à la science en particulier.

[6] Alan Sokal, Jean Bricmont, Impostures intellectuelles, Paris, Odile Jacob, 1997.

[7] A l’opposé de ceux qui tiennent l’expertise judiciaire pour un modèle, j’ai toujours dit, par exemple, que ma critique de l’expertise en général s’enracinait dans mon expérience judiciaire.


 

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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 20:22
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2 avril 2011 6 02 /04 /avril /2011 00:55

16 mars 2011 (AFP)

 

Une agence sanitaire inefficace, une Haute autorité de santé qui n'a servi à rien, des experts discutables, le rapport du député Bernard Debré et de Philippe Even (Institut Necker) critique frontalement un système du médicament sous influence de l'industrie, après la crise du Mediator.

 

Leur rapport doit être remis ce mercredi au président Nicolas Sarkozy, qui leur avait confié une mission "pour assainir la filière du médicament", selon les termes du député UMP de Paris, ainsi qu'au ministre de la Santé, Xavier Bertrand.

 

Il s'agit, disent-ils, de "parler clair".

 

Pour les deux médecins, qui décrivent "un monde clos, fermé sur lui-même", "l'affaire du Mediator est beaucoup plus qu'un accident isolé, ne concernant qu'un laboratoire sans éthique". Il faut donc procéder à "une réforme complète des structures" et de leur fonctionnement, pour que cette affaire soit "le starter d'un véritable tournant".

 

Ils prennent particulièrement pour cibles la Haute autorité de santé (HAS), qui veille à la qualité de l'information médicale et suggère, par sa Commission de transparence, quels médicaments devraient être remboursés, et l'Afssaps (agence de sécurité sanitaire des produits de santé), dont la HAS a du mal à se démarquer.

 

"Meccano incompréhensible" avec "98 structures entrecroisées communiquant mal ou pas du tout", l'Afssaps doit changer de nom et être complètement remaniée. Ils relèvent qu' il y est beaucoup plus facile d'autoriser un médicament, ce qui nécessite seulement une "probabilité statistique de bénéfice/risque positif", que de le retirer du marché, où "il faut apporter la preuve absolue de sa toxicité".

 

"Un système où le principe de précaution fonctionne à l'envers, au bénéfice des industries et non des patients", disent les rapporteurs.

 

La Commission d'autorisation de mise sur le marché -qui n'a à voir que pour 20% des AMM des médicaments, le reste étant du ressort de l'Europe- est particulièrement critiquée, avec ses 28 membres "choisis sur des critères très contestables" et selon "des procédures opaques très choquantes", qui ne travaillent que "sur la seule base des dossiers fournis par l'industrie".

 

Les conflits d'intérêts sont monnaie courante, les auditions des experts ne sont pas publiques, les compte-rendus de séance sont "peu fidèles". "De nombreux membres ignorent presque tout du dossier sur lequel ils votent, et même de la pathologie en cause".

 

Quant à la Commission de pharmacovigilance, chargée de gérer les alertes éventuelles sur les médicaments, elle agit selon une procédure "extraordinairement lente", qui constitue "un véritable gymkhana, une course d'obstacles et de montagne par étapes, qui privilégie clairement l'intérêt des firmes et non celui des patients".

 

Le rapport parle de "la totale faillite de l'Afssaps", qui "au-delà du Médiator a échoué partout" "parce qu'elle n'a jamais eu de directions d'envergure" mais surtout parce que c'est "une usine à gaz", "un labyrinthe dont rien ne peut sortir".

 

Les rapporteurs avancent plusieurs propositions.

 

D'abord modifier le choix des experts, dont ni "la compétence", ni "l'indépendance" ne sont à la hauteur de la tâche, recrutés "selon des procédures mal définies", basées "sur la cooptation, le relationnel". Ils plaident pour une réglementation de la surveillance des conflits d'intérêts vraiment appliquée, et pour la nomination de quelques superexperts.

 

La HAS doit être recentrée sur sa mission globale de guide de l'exercice de la médecine et de l'organisation des soins. Et la commission de transparence doit revenir à la nouvelle Afssaps qui serait chargée aussi bien de l'évaluation que de la surveillance du médicament.

 

Source: La Dépêche.fr

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15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 20:54

8 mars 2011

 

Les méta-analyses occultent les liens entre des chercheurs et des sociétés pharmaceutiques

 

Ce communiqué est disponible en anglais.

 

Des conflits d'intérêts financiers se glissent par la porte arrière dans des recherches pharmaceutique publiées, prévient une équipe internationale de recherche que dirigent des chercheurs de l'Institut Lady Davis de recherches médicales rattaché à l'Hôpital et de l'Université McGill de Montréal.

 

Les politiques et les ordonnances médicales sont de plus en plus dictées par des méta-analyses, soit des études d'essais qui combinent statistiquement les résultats de plusieurs essais pharmaceutiques individuels.

 

Dirigée par Dr Brett Thombs et Michelle Roseman, étudiante diplômée de l'Université McGill, l'équipe a constaté que de cruciales déclarations de conflits d'intérêts financiers liées à des essais pharmaceutiques individuels disparaissaient lorsque ces derniers étaient fondus dans une méta-analyse. Les conclusions des chercheurs seront publiées dans le numéro du 9 mars du JAMA (Journal of the American Medical Association).

 

Mme Roseman, l'auteure principale de l'étude, et le reste de l'équipe ont passé en revue 29 récentes méta-analyses de traitement pharmaceutique publiées dans des revues médicales à fort rayonnement. Ces méta-analyses comprenaient les résultats de 509 essais pharmaceutiques. L'équipe s'est penchée sur les sources de financement et les liens financiers entre l'industrie et les auteurs des 509 essais de même que sur la mention des sources de financement des essais qu'étudiaient les méta-analyses.

 

«Seulement deux des 29 méta-analyses mentionnaient la question du financement des essais pharmaceutiques initiaux, et celles-ci l'ont fait à des endroits très obscurs dans les articles publiés », précise Dr Thombs, psychologue et professeur adjoint au Département de psychiatrie de l'Université McGill.

 

«Aucune des méta-analyses n'indique si les chercheurs qui ont mené les essais étaient à l'emploi de l'industrie ou avaient touché des fonds de celle-ci

 

«La plupart des gens veulent que leur médecin choisisse leur traitement en s'appuyant sur des données scientifiques objectives de pointe, poursuit Mme Roseman. Les auteurs d'une méta-analyse devraient savoir qui finance les essais étudiés et évaluer le risque de partialité des conclusions en raison du financement des sociétés pharmaceutiques

 

L'équipe a repéré sept méta-analyses où tous les essais pharmaceutiques étudiés étaient financés, au moins en partie, par le fabriquant du médicament ou dont des chercheurs avaient des liens financiers avec la société pharmaceutique. Néanmoins, dans six de ces sept méta-analyses, aucune mention n'était faite du financement des essais pharmaceutiques.

 

«Le consommateur peut davantage être assuré de l'efficacité d'un médicament si au moins une évaluation indépendante le confirme, déclare Dr Thombs. Lorsque toutes les études existantes sont financièrement liées à une société pharmaceutique, il existe un risque de désinformation des patients et des médecins

 

«De nombreux chercheurs qui effectuent des méta-analyses ne semblent pas conscients de ces importantes questions, s'étonne Mme Roseman. Un sondage mené auprès des auteurs des 29 méta-analyses révèle que seulement sept déclarent avoir seulement noté les sources de financement des essais pharmaceutiques étudiés, et uniquement deux ont publié l'information. En outre, seuls deux auteurs ont noté les liens financiers entre les auteurs et l'industrie, et aucun n'a publié l'information.»

 

Dr Thombs, Mme Roseman et leurs collègues demandent la modification de la politique concernant la publication des données relatives aux méta-analyses d'un traitement pharmaceutique. «À moins que les auteurs d'une méta-analyse ne les fournissent au consommateur, ces données seront perdues, affirme Dr Thombs. Les patients et les médecins veulent cette information, et il est dans le meilleur intérêt de chacun que celle-ci soit disponible.»

 

« Peu de gens achèteraient un véhicule dont le rendement et la sécurité n'auraient été évalués que par le fabricant ou encore une maison sur la seule parole du vendeur sans une inspection indépendante, renchérit Dr Thombs. Pourtant, la plupart des médicaments que les gens consomment ont été évalués par les entreprises qui les fabriquent et tirent profit de leur vente. À tout le moins, les médecins et patients doivent savoir qui évalue l'efficacité et l'innocuité des médicaments prescrits. »

 

 
Source: Eurekalert

 

 

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8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 12:13

C'est ce que révèle, sur son site, l'association indépendante "Alliance for Human Research Protection" (Alliance pour la Protection de la Recherche humaine), en date du 14 février 2011.

 

On peut y lire que le British Medical Journal (celui-là même dans lequel se trouvaient des critiques contre le manque de transparence de l'OMS en matière de H1N1) n'a pas su faire preuve lui-même, d'une transparence suffisante puisque le journal n'a pas révélé son accord de partenariat avec la firme Merck, un des plus grands producteurs de vaccins au monde.

 

C'est en 2008 que le journal a signé un accord avec la firme Merck (dont le nom commercial est MSD pour Merck Sharp & Dome, filiale collaborant avec Sanofi Pasteur dans l'élaboration et la commercialisation de vaccins). Il s'agit d'un accord qui donne ainsi à la firme pharmaceutique le contrôle sur pas moins de 350 cours interactifs de formation continue (éducation permanente) dans une vingtaine de domaines thérapeutiques différents.

 

" Ce partenariat unique va changer le visage de la formation médicale en Europe et même au-delà, permettant aus usagers d'accéder à la plupart des bibliothèques d'apprentissage d'éducation permanente et de développement professionnel du BMJ. L'accord entre la filiale MSD et le groupe du BMJ comporte 350 cours interactifs d'apprentissage dans une vingtaine de domaines thérapeutiques différents."

 

Il est bien évident qu'un tel partenariat pose d'énormes questions quant à l'indépendance du journal. Pourra-t-il encore publier des études très critiques sur les dangers ou l'inefficacité de divers produits entre autres fabriqués par Merck, dont des vaccins?

Sa liberté de publication n'a-t-elle pas été dangereusement réduite par un tel accord?

 

En 2009, Univadis, une marque du groupe Merck a entamé un partenariat avec Le Lancet "en vue de fournir une éducation médicale et des sites internet d'information."

 

" Au travers d'un service global unique de littérature médicale appelé "Just Published", des spécialistes cliniciens, enregistrés chez Univadis recevront un accès gratuit à l'entièreté des articles récemment publiés dans Le Lancet."

 

Selon Martin Walker, un des meilleurs journalistes et écrivains sur la politique de santé britannique:

 

"Lier Univadis/Merck avec le BMJ et le Lancet, lie inévitablement ces deux journaux au Service internet d'Information sur les vaccins de Merck (Merck VIS)- "une source d'informations compréhensibles, spécialement mise au point pour répondre aux questions que se posent les professionnels de santé sur les vaccins."

 

(Sur un autre site, Martin Walker nous apprend aussi que, derrière Univadis se trouve un autre groupe "Media Medics" dont les membres sont payés pour fournir un contenu éditorial au site Internet d'Univadis. En un mot, il s'agit d'un système de "poupées" russes" où les filiales agissent les unes pour les autres en servant toujours l'intérêt premier de la plus grosse, ce système permettant ainsi de mieux dissimuler des systèmes de conflits d'intérêts trop voyants)

 

Sur le site de l'Association for Human Research Protection, sa présidente fondatrice, Vera Hassner Sharav, poursuit:

 

"Le fait que le BMJ et le Lancet, deux des plus prestigieux journaux médicaux, accepteraient un partenariat de formation médicale avec un fabricant dont le staff a dressé une "une liste noire des médecins" ("doctor hit list") destinée à intimider les praticiens qui osaient discuter des risques cardiaques mortels liés à son produit, le Vioxx, constitue, en soi, une forme de trahison de confiance de la pire espèce qui soit."

 

Le propos clé concernant ce partenariat entre Merck, le BMJ et le Lancet est justement celui qui a été caché aux lecteurs c'est à dire le fait que "ce partenariat est destiné à changer le visage de la formation médicale en Europe et au-delà."

 

Et Vera Hassner Sharav de souligner qu'en ce qui concerne l'éditorial du British Medical Journal qui "blanchissait" le vaccin ROR tout en dénigrant les travaux du Dr Andrew Wakefield, il est piquant de constater qu'ils ont écrit, en matière de conflits d'intérêts, à la fin dudit éditorial:

 

"Conflits d'intérêts: Tous les auteurs ont rempli la déclaration standard d'intérêts, disponible sur le site suivant www.icmje.org/coi_disclosure.pdf (disponibles à la demande des auteurs correspondants) et ils déclarent: aucun soutien d'aucune organisation pour le présent travail, aucun lien financier en-déans les 3 dernières années avec la moindre organisation qui puisse retirer avantage de la publication soumise."

 

A la lecture des propos de Mme Sharav, on se rend, une fois de plus, compte que la moralité de cette affaire se résume en deux mots: l'arroseur, arrosé!

 

Ces revues qui se prétendent "scientifiques" ne sont pas forcément "éthiques" ou cohérentes.

Elles semblent avoir une moralité à géométrie variable. Un bon début serait donc que ces revues commencent à balayer devant leur propre porte avant d'essayer de se donner une apparence d'intégrité en critiquant tel ou tel phénomène, sans s'appliquer les élémentaires leçons à elles mêmes.

 

sharav.jpg

Vera Sharav est une bibliothécaire, spécialisée en information juridique, qui s'est faite l'avocate des Droits Humains et qui est présidente de l'Alliance for Human Research Protection (AHRP). Cette Alliance se veut une source d'informations, un groupe de vigilance citoyenne et un catalyseur du débat public dont le but est de briser le mur du secret en matière de recherche biomédicale.

 

Mme Sharav a développé une base de données destinée à traquer les violations éthiques en matière de recherche et les échecs en matière de révélation des dangers des médicaments. Précieuse avocate de la santé humaine, elle s'est attardée sur des scandales divers et variés dont celui des pesticides, celui des essais cliniques non éthiques de vaccins et de médicaments anti-sida sur des enfants, et bien d'autres recherches non éthiques. Elle a témoigné devant les plus grandes institutions officielles: l'Institut de Médecine (IOM), la FDA, le Comité de Bioéthique et a publié divers articles sur l'éthique en matière de recherche. Elle jouit d'une grande crédibilité parmi de nombreux spécialistes, médecins et scientifiques.

 

Source: AHRP

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7 mars 2011 1 07 /03 /mars /2011 21:55

Pandemrix : aucune preuve ne permettrait d'établir un lien entre narcolepsie et vaccination

 

18.02.2011

 

Le Comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'Agence européenne des médicaments (EMA) a révélé, vendredi 18 février, que les données recueillies étaient actuellement insuffisantes pour établir une relation causale entre le vaccin contre la grippe A (H1N1) Pandemrix et les cas de narcolepsie récemment observés en Europe. Cette annonce fait suite au signalement, en août dernier, de nombreux cas de narcolepsie chez des enfants et adolescents ayant été vaccinés par Pandemrix, notamment en Finlande et en Suède.

  

L'Agence européenne des médicaments précise également que le Canada, pays dans lequel ce type de vaccination est particulièrement répandu, n'a enregistré aucune augmentation de cas de narcolepsie chez les adolescents et les enfants.

 

En l'attente de nouveaux résultats et analyses, l'EMA annonce qu'il n'y aura aucune modification des recommandations d'utilisation du vaccin incriminé.

 

L'Agence suédoise des produits médicaux a ouvert, le 18 août dernier, une enquête sur d'éventuels effets indésirables provoqués par Pandemrix. Cette décision a été prise suite à la remise de nombreux rapports sur des symptômes compatibles avec la narcolepsie signalés sur des adolescents âgés de 12 à 16 ans, un à deux mois après leur vaccination contre la grippe A.

 

L'Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) a, quant à elle, signalé, le 26 août dernier, six cas de narcolepsie cataplexie chez des Français vaccinés contre la grippe A (H1N1). Néanmoins, aucun lien n'a réellement été établi entre le vaccin et le déclenchement de la maladie.

 

La narcolepsie est une affection neurologique se traduisant par une somnolence diurne et une faiblesse musculaire.

 

 

Source: Le Parisien

 

 

La position de l'Agence Européenne est-elle vraiment surprenante quand on sait, tout comme pour l'OMS, que 3/4 de ses financements proviennent de l'industrie?

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