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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 18:19

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°Des associations ont dénoncé jeudi 21 juin le partenariat entre McDonald’s, Coca-Cola et un congrès de médecine générale à Nice.

 

°Mise en cause pour ses liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique, la médecine est aussi de plus en plus soumise à l’influence des firmes agroalimentaires.

 

« Non à la médecine McDonald’s ! » C’est avec ce mot d’ordre que plusieurs associations ont manifesté jeudi 21 juin au 6e congrès de médecine générale qui se tient jusqu’au vendredi 22 à Nice. « On a voulu dénoncer le fait que la médecine n’est pas uniquement soumise au lobby pharmaceutique mais aussi, de plus en plus, à celui de l’industrie agroalimentaire », explique Benjamin Cohadon, porte-parole du Mouvement de désaliénation des médecins, une association créée en mai « par un petit groupe de citoyens concernés ».

 

« Un mélange des genres malsain »

 

Organisé sous le parrainage du ministère de la santé, ce congrès compte, parmi ses multiples sponsors, McDonald’s et Coca-Cola. En échange de leur soutien, ces deux firmes ont obtenu le droit d’organiser une « session » lors du congrès : jeudi après-midi, la première invitait les médecins à venir débattre du « contenu nutritionnel du repas » tandis que vendredi la seconde s’intéressera aux « comportements hydriques » des Français.

 

« C’est un mélange des genres malsain », estime Benjamin Cohadon. « C’est malheureusement impossible d’organiser un congrès médical sans sponsor. Et nous contrôlons le contenu scientifique des communications de nos partenaires », répond le professeur Pierre-Louis Druais, conseiller exécutif du congrès.

 

Des étudiants aux praticiens, tous concernés

 

L’épisode de la grippe H1N1 et le scandale du Mediator ont mis en lumière les liens d’intérêt entre les experts et l’industrie pharmaceutique. Mais aujourd’hui, de plus en plus de voix s’élèvent pour dénoncer l’omniprésence des firmes agroalimentaires dans le secteur de la santé. Tout en défendant leur indépendance, de nombreux spécialistes, notamment hospitaliers, participent à des études financées par des industriels désireux d’apposer un « label santé » sur leurs produits.

 

Lundi 18 juin, par exemple, était organisée à Paris, avec une praticienne d’un grand hôpital parisien, une conférence de presse pour vanter les « grandes qualités nutritionnelles » de ce « produit noble » qu’est le surimi.

 

Parfois, cette influence s’exerce très en amont. En 2005, par exemple, le Centre d’information des viandes (CIV) s’était associé avec l’Association des étudiants en médecine de France pour organiser un grand Quiz visant à compléter les connaissances nutritionnelles des futures blouses blanches. « Les firmes interviennent aussi dans la formation des nutritionnistes. Quand j’étais en BTS, je me souviens d’une intervention faite par une représentante des fabricants de céréales de petit déjeuner. C’était présenté comme un cours parmi les autres pouvant même faire l’objet d’une question lors d’un contrôle », raconte Paul Scheffer, président de l’Association de diététique et nutrition critiques.

 

Un gage de crédibilité pour les firmes

 

Président du Formindep, autre association en pointe sur les conflits d’intérêts, le docteur Philippe Foucras reconnaît « l’habileté » de la stratégie des firmes agroalimentaires. « Certes, un généraliste ne prescrit pas directement des hamburgers ou des sodas à ses patients. Mais c’est un vecteur d’opinion qui peut aussi donner des conseils de vie quotidienne », constate-t-il. « C’est surtout une question d’image. Pour des sociétés souvent attaquées sur le profil nutritionnel de leurs produits, c’est un gage de sérieux et de crédibilité de participer à un congrès médical », ajoute Paul Scheffer.

 

Chef du service de nutrition pédiatrique du CHU de Lille, le professeur Dominique Turck dénonce, lui, le « double discours » des pouvoirs publics. « On est écartelé entre le ministère de la santé qui, désormais, hurle devant le moindre lien d’intérêt, et celui de la recherche, qui nous encourage à monter des partenariats public-privé pour faire tourner nos laboratoires », constate-t-il.  PI

 

Source: La Croix 

 

 

En fait, les autorités ne hurlent pas du tout en cas de conflits d’intérêts, elles les encouragent même, en les présentant comme inéluctables. De même, l’Union européenne  a fait de ces fameux partenariats « public-privé » le seul modèle de recherche et d’investissement à promouvoir ! En refusant de financer à 100% avec de l’argent propre (l’argent des contribuables) les recherches réellement nécessaires, les autorités forcent en quelque sorte les laboratoires dits « publics » à se prostituer et trahissent profondément les citoyens.

 

Le fait que les autorités publiques s’associent à ce genre de Congrès ainsi sponsorisé –alors qu’elles dépensent l’argent du contribuable dans des pubs du genre « Manger-bouger » etc- démontre avec brio toute leur schizophrénie et leur profond mépris du public. Cette véritable attitude de Judas de la part des pouvoirs publics est finalement très similaire à celle qui consiste à dénoncer le tabac tout en se réjouissant des recettes fiscales qu’ils peuvent en retirer ou encore à promouvoir la vaccination tous azimuts tout en prônant de réduire les dépenses de santé et la consommation médicamenteuse (cfr cette autre campagne schizophrène des autorités belges de régulation du médicament « Un médicament n’est pas un bonbon » alors que la vaccination, elle, qui constitue pourtant aussi un médicament aux effets particulièrement incontrôlables, est encouragée du berceau à la mort !)

 

 

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Published by Initiative Citoyenne - dans Conflits d’intérêts -experts
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